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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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mercredi 13 février 2019

Les roses dans la peinture italienne vers 1475-1500

Pour les amateurs de roses anciennes et d'art, je partage quelques photos prises au merveilleux musée du Petit Palais, en Avignon. Ce musée provençal abrite une riche collection d’œuvres de Primitifs italiens.
Les représentations de la vierge, exécutées par les peintres du Quattrocento, nous montrent que les 3 grandes espèces de roses anciennes (rosa alba, rosa gallica et rosa damascena) étaient cultivées dans les jardins de la renaissance italienne.
Les auteurs actuels pensent que rosa damascena n'a été cultivée dans les jardins européens qu'à partir du XVIe siècle. D. Lemonnier nous dit dans son ouvrage sur l'histoire des roses : "On ne sait pas quand la première rose de Damas fut introduite en Europe, vraisemblablement de Syrie vers 1520, date communément admise."
Les peintures suivantes nous prouvent que rosa damascena était, en réalité, appréciée en Italie, dès la seconde moitié du XVème siècle. Très certainement déjà cultivée par les Romains dans l'Antiquité, elle a eu à nouveau le vent en poupe avec la naissance de l'art des jardins en Toscane. Après l'Italie, la rose de Damas s'est répandue en France via la Provence, puis a gagné les Flandres et l'Angleterre, l'Allemagne... 



 vers 1475 - Florence

Contrairement aux peintres du nord de l'Europe, de la même époque, qui n'illustraient que des spécimens de Rosa alba et Rosa gallica, les peintres italiens peignaient aussi Rosa damascena sur leurs œuvres de la Vierge. Ces 3 variétés de roses étaient sans nul doute cultivées dans les jardins des villas des Médicis. On les distingue nettement sur ce tondo de la Vierge avec leur couleur différente : blanc-rouge-rose.



vers 1490 - Venise

(détail)

une très belle représentation de Rosa alba maxima,
le rosier blanc aux fleurs très doubles
avec un soupçon de rose au cœur



vers 1500 - Florence

(détail)
une rare représentation en bouquet d'offrande d'une Rose de Damas,
la rose parfumée dite 'ni rouge, ni blanche'
qui sera appelée la rose incarnate


atelier de Botticelli
 vers 1500 - Florence

encore une très belle peinture de Rosa damascena
Dans un autre article, je parlerai plus précisément du grand maître florentin Sandro Botticelli, qui fut LE peintre des roses du Quattrocento.
A suivre...

dimanche 3 février 2019

Je n'ai pas un jardin punk !

... au prix de quelques efforts...



  • mon jardin m'a coûté un bras. Mon terrain de jeu actuel est sorti tout droit de mon imagination mais j'ai dû mettre la main au portefeuille pour le mettre en valeur. Je souhaitais un jardin agréable à regarder et à vivre, dès la première année de notre emménagement. On a donc fait appel à une entreprise pour arracher les arbres malades et les arbustes sauvages, démolir les dépendances inutiles, épandre deux tonnes de compost, ameublir et aplanir le terrain, planter les arbres, etc... Un travail de titan ! mais nécessaire...



  • je ne suis pas fainéante. La page blanche a commencé à prendre forme. Les bases d'une structure étaient créées. A mon tour de jouer et de me retrousser les manches. En un printemps, j'ai bêché, modelé, dessiné plusieurs massifs et planté plusieurs centaines de rosiers et plantes vivaces. Le jardin est maintenant totalement planté. Je fais juste quelques ajustements de ci, de là, en ôtant les plantes qui ne donnent pas satisfaction. Impossible d'attendre des années avant d'avoir un jardin abouti !



  • il est manucuré comme une future mariée. Quand on a un jardin de ville, les exigences de soins ne sont pas les mêmes que dans un grand terrain à la campagne. Ici, le moindre défaut se voit tout de suite puisque le regard embrasse d'un coup la totalité de l'espace. Alors, j'aime bien quand les bordures sont nettes, les plate-bandes désherbées, les topiaires sculptées.



  • je tonds une fois par semaine. Autant il peut y avoir quelques sauvageonnes au fond des massifs difficiles d'accès, autant la pelouse doit être nickel. C'est le b.a.ba, sinon le jardin fait négligé et alors vraiment punk !



  • je ne fais aucun semis, par manque de place, par manque d'envie. En revanche, je fais des boutures, des échanges avec mes charmants voisins. C'est très enrichissant de partager ses expériences avec des amis jardiniers. On découvre de nouveaux végétaux, on se donne des astuces, des bons plans. Le jardin est aussi une aire de tests.



  • mon jardin n'est pas facile à entretenir. Il n'y a pas de secret, un jardin (surtout un jardin de roses) demande une attention régulière et des interventions répétées (taille, nettoyage, palissage, fertilisation). Sinon, ce n'est pas un jardin, c'est une zone sauvage, prairie ou lande (ce qui peut être très joli) ou une jungle, ou pire finalement une étendue de gazon sans aucune plante. Par chance, le désherbage n'est pas une corvée puisque presque rien d'indésirable ne pousse dans l'enchevêtrement de plantes. 
 


  • j'arrose pelouse et massifs. En plein été, si je ne veux pas voir le jardin grillé et moribond, je suis obligée d'hydrater copieusement tout le monde une fois par semaine. Avec sagesse, juste la dose nécessaire pour soulager les plantes et leur faire passer le cap difficile de la canicule, qui débute ici dès juin.




  • il n'est pas naturel. Même si la nature finit toujours par avoir le dernier mot et me rappelle parfois à l'ordre, je reste maître à bord. Chaque massif est pensé. Chaque plante est choisie. Mon jardin est domestiqué et a une allure formelle mais sans être strict.



  • il est écologique. Sur ce point, tous les jardiniers ne peuvent qu'acquiescer. Zéro traitement phytosanitaire chimique. Je ne traite pas les rosiers, même pas de bouillie bordelaise. J'utilise juste le Bacillus Thuringiensis pour évincer les pyrales du buis.


Bref, comme Eric Lenoir, féru de roses en Normandie, chercheur et découvreur de roses anciennes, j'essaye d'entretenir mon modeste jardin de roses avec passion, en suivant mon instinct, sans diktat.
Comment, vous ne connaissez pas Eric Lenoir ? 
Allez vite découvrir son site internet http://roseanciennenormande. Et si vous êtes de passage dans le Calvados aux beaux jours, allez lui rendre visite ! Son jardin est ouvert au public.

Jardin des Oubliées
8 place du marché
14490 BALLEROY