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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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jeudi 31 mars 2016

Charles Darwin

hybride de thé introduit par David Austin en 2003.
On trouve une foule de rosiers jaunes et abricot parmi les roses anglaises, la plupart ayant pour ancêtre le vieux grimpant Noisette Gloire de Dijon.
Mais mon préféré entre tous est Charles Darwin. Justement parce qu'il n'est ni jaune, ni abricot. Sa couleur est en vérité beaucoup plus subtile : couleur champagne.


C'est une couleur aussi raffinée que le célèbre élixir à bulles et aussi délicieuse et douce, au regard tout au moins...
Elle est très pâle ici, certainement en raison du fort ensoleillement de ma région. Ces clichés ont été pris début août, lors de la floraison de second tour.
Le coloris s'avère bien plus soutenu au Nord de l'Europe, moutarde, précise Mr Austin. Quand on regarde la photo de son catalogue, on a l'impression qu'il ne s'agit pas de la même variété. Et pourtant !
 

 
L'arbuste, de forme érigé, honore le brillant naturaliste anglais. Il est de bonne tenue avec un feuillage mat résistant. Les feuilles, de forme arrondie, paraissent étonnamment petites par rapport aux fleurs. 




Les boutons naissent parés d'un délicat mandarine puis les fleurs éclosent solitaires, au bout de longues tiges. Elles sont fortement globuleuses. Leurs pétales se recourbent à l'intérieur et cachent partiellement le cœur, un soupçon plus jaune.
 


Je ne peux que vous conseiller ce rosier, bourré de qualités. Et si j'ajoute que c'est un bon remontant et que son parfum embaume le thé,  vous êtes conquis, n'est-ce pas ?
Je me demande juste pourquoi sa diffusion est si confidentielle. Sans doute parce que d'autres créations anglaises, plus récentes, l'ont éclipsé...






mercredi 23 mars 2016

Quel engrais rosiers choisir ?

 Nous allons faire un peu de chimie aujourd'hui. Rassurez-vous, rien de compliqué, juste 3 symboles chimiques à retenir, clés de réussite pour obtenir de belles floraisons et des feuillages en bonne santé.

Comme le dit un rosiériste belge bien connu, "la taille, c'est un détail mais la nourriture, c'est indispensable". Le jardinier peut faire quelques erreurs de coupe, en effet, ce n'est pas bien grave. 
En revanche, les rosiers étant des plantes très gourmandes, nous ne pouvons pas faire l'impasse sur les éléments nutritifs. Qu'ils soient cultivés en pot ou en pleine terre, nos rosiers ont besoin d'apport d'engrais (granulés), indispensable à leur croissance et leur santé. Des rosiers bien nourris fourniront une floraison abondante et seront mieux armés pour lutter contre les maladies fongiques. Alors, quel engrais choisir ?
   
                         NKP 4-5-9                                                                          NPK 15-10-15
NPK 3-2-5

    
                                      NPK 17-9-11                                                               NPK 12-3-5

NPK 6,5-6-7

Il faut choisir tout simplement, celui qui offre un NPK le plus approprié aux rosiers mais aussi aux autres arbustes à fleurs. Le NPK, c'est le code secret pour la vitalité de nos plantes : 3 lettres qui déterminent la composition des engrais.
  •  N est le symbole chimique de l'azote. Il stimule la croissance de la plante et assure une végétation abondante. Ce sont les parties aériennes (tiges, branches, feuilles) qui en profitent.
  •  P est le symbole chimique du phosphore. Il améliore l'enracinement. Son action concerne donc la partie souterraine.
  •  K est le symbole chimique du potassium. Il régule la photosynthèse et encourage la formation de fleurs ou de fruits. Il renforce aussi la résistance aux maladies et à la sécheresse. 
Les boîtes d'engrais mentionnent obligatoirement la formule NPK, avec 3 nombres qui traduisent le pourcentage de chacun des composants. 
Exemple: NPK 8-4-12 signifie 8% d'azote, 4% d'anhydride phosphorique, 12% d'oxyde de potassium.
Plus ces valeurs numériques sont élevées, plus l'engrais est riche. Un NPK 20-10-10 est deux fois plus concentré qu'un 10-5-5. 
photo : Rustica
Tout l'enjeu est de choisir un engrais au NPK bien proportionné, avec une formule adaptée aux besoins des rosiers. Le NPK idéal pour les conifères ne sera pas le même que pour les agrumes, idem pour les rosiers... Pour notre plante fétiche, inutile donc de chercher à tout prix un NPK à la composition équilibrée, style 7-7-7. Un NPK 14-7-17 sera plus judicieux. Le dernier nombre doit être le plus élevé, l'objectif étant d'avoir surtout des fleurs et un bon état sanitaire...
Ces engrais NPK peuvent être d'origine organique et/ou minérale.

NPK 6-4-10
Les engrais organiques sont constitués de matières animales (corne broyée, sang desséché, déjections, poudre d'os, de plumes, urée...) ou végétales (vinasse de betterave, déchets verts, coques de cacao, cendres de bois, algues...). Ce sont des engrais de fond, à action progressive.
Les engrais minéraux proviennent de gisements naturels ou sont produits par l'industrie chimique. Ils ont plus un effet coup de fouet car leur assimilation est plus rapide.  
Un bon engrais rosier renferme aussi de la magnésie (Mg), agent constitutif de la chlorophylle dont le rôle est important pour la coloration verte du feuillage.
Ainsi, dans la jungle des boîtes et sachets de granulés que nous propose actuellement les jardineries et les grandes surfaces, j'ai donc examiné à la loupe les propriétés de chacun d'entre eux ! Et j'ai jeté mon dévolu sur un engrais Made in Bretagne (Dinard), dont le NPK 11-11-20 m'a semblé offrir un ratio intéressant et qui contient de la magnésie. Beaux jours, tout un programme...
 NPK 11-11-20
MgO 3%
Petit conseil donc, évitez les concentrations trop basses ou mal réparties. L'année précédente, j'avais acheté un classique engrais bleu "universel" mieux dosé que des engrais, soi-disant "spécial rosiers" !

mardi 15 mars 2016

Charles de Mills

rosier gallique mis au commerce en 1845, par Louis van Houtte (Belgique). Non remontant.
L'apothéose de la rose ancienne et pourtant j'ai tardé à lui tirer le portrait. Je souhaitais la photographier sous toutes les coutures et bien sûr retracer au mieux son histoire, assez énigmatique. 
Le maître du genre, François Joyaux, nous a déjà livré un essai de biographie mais il reste toujours des zones d'ombre.  

Pour expliquer l'origine du nom de ce rosier, il est fait référence à un certain Mr Mills, un Anglais qui avait de superbes pergolas de roses et qui habitait à Rome dans les années 1840. Supputation, supputation ! Le nom de ce jardinier a pu être éventuellement honoré. On ne saura sans doute jamais.

Pour compliquer la situation, la bibliographie, depuis l'ouvrage de Charlotte Testu, s'évertue à assimiler Charles de Mills avec le très vieux gallique Bizarre Triomphant, figurant en 1790 au catalogue du pépiniériste parisien François.
Qu'on m'apporte la preuve de cette synonymie !  Elle semble découler des constatations du collectionneur Jules Gravereaux mais je n'en ai trouvé la trace nulle part !
Ni dans son fichier manuscrit, ni dans son inventaire de 1902, ni dans sa publication de 1912 sur les roses de Joséphine à la Malmaison... Quelle est donc la source qui mène à la résolution de ce mystère ? 
En 1902, Gravereaux ne possédait ni Charles de Mills, ni Bizarre Triomphant... Les deux rosiers ne sont pas inscrits dans son catalogue. Seul Charles de Mills fera plus tard l'objet d'une fiche d'obtention. Il sera planté sous le n° 7325 (vers 1911-1912 ?) et sans mention de synonymie...



La seule certitude, en consultant la base de données HMF, est que notre Charles de Mills a été commercialisé, à partir de 1845, à Gand, par le belge Louis van Houtte. Ce célèbre horticulteur avait l'une des plus vastes pépinières généralistes européennes. Son catalogue de vente comptait des centaines de galliques. Mais il n'était pas lui-même hybrideur et obtenteur de rosier.
Charles de Mills apparaît dans les catalogues de 1845 et 1847. Il est classé en rosier de Provins (= gallique). Sa couleur est dite "carmin lilacé velouté". 
Beaucoup de roses galliques, commercialisées par Van Houtte, sont d'origine inconnue et n'étaient vendues que par lui-même ou son confrère Verschaffelt. Où s'approvisionnait-il donc, hormis chez son ami obtenteur Louis Parmentier, à Enghien ?   

  
Charles de Mills est-elle une nouvelle appellation pour un rosier ancien ? Van Houtte, habile commercial, voulait-il faire croire à une nouveauté ?
Toujours est-il que cet admirable rosier séduisit les Anglais et fut mis à l'honneur, un siècle plus tard, par la talentueuse Constance Spry. Son succès ne s'est jamais démenti depuis.
Un succès amplement justifié car il s'agit d'un arbuste parfaitement équilibré, bien buissonnant, au feuillage très sain. Ses roses, bien qu'inodores, sont tout bonnement parfaites. La forme, la couleur, ce petit côté zigzagant des innombrables pétales plissés.
Sur cette dernière photo, vous le voyez dans son jeune âge. Dans mon jardin, il a toujours conservé un port en boule, que j'accentuais par la coupe d'entretien, avec une hauteur d'1m10. C'est un gallique qui ne bronche pas devant une taille courte.
 
En conclusion, un fabuleux rosier, né de l'inconnu, mais dont je ne saurais me passer. 


Sources :

LOISELEUR-DESLONCHAMPS, La rose, son histoire, sa culture, sa poésie, p.284-285, 1844
Jules GRAVEREAUX, Les roses cultivées à L'Hay en 1902
Jules GRAVEREAUX, La Malmaison, les roses de l'impératrice Joséphine, p.80, 1912 
Constance SPRY, Garden Notebook, 1940
Charlotte TESTU, Les roses anciennes, p.37-38, 1984
François JOYAUX, La rose de France, p.72, 1998


lundi 7 mars 2016

Roses de neige...

On fait de bien belles rencontres, en hiver, en vacances à la montagne...



Les sommets avaient revêtu un épais manteau blanc.
Les arbres majestueux des forêts paraissaient saupoudrés de sucre glace
et là, ...au coin d'une chaumière au toit de lauzes...
je les ai découverts comme un cadeau du ciel.



 Quel enchantement ! Protégée du vent et blottie au chaud, la neige ayant fondu à cet endroit de plaine,
une touffe petite mais dodue d'hellébores blancs pigmentés de pourpre prenait la pose.





 Un peu plus loin, oh surprise, devant un muret de pierres rondes mangées de mousse,
une autre touffe d'hellébores éclairait un coin sombre. Rose argenté, cette fois-ci.
Seule tache de couleur dans ce décor hivernal. 


 Vite, la nuit tombe. Il faut que je capte ces derniers instants d'émerveillement, me suis-je dit.


Et les doigts tout glacés, serrant l'objectif contre mon oeil,
j'ai déclenché une dernière fois la boîte à souvenirs...