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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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samedi 30 avril 2016

Mme Isaac Pereire

Hybride de Bourbon obtenu en 1876 par Armand Garçon, commercialisé en 1881 par Jules Margottin, rosiériste à Bourg-la-Reine.

Madame Isaac Pereire, aux grandes fleurs en quartiers, est un best-seller parmi les roses anciennes, pour son parfum envoûtant. 
Dédiée à Fanny Rebecca Pereire, la seconde femme du célèbre banquier (qui n'était autre que sa jeune nièce, épousée à 15 ans, fille de son frère aîné !!?...),  cette rose a une histoire un peu compliquée.
La roseraie de L'Haÿ la raconte avec moult détails :
Tout débute lorsqu’ Armand Garçon, jeune ouvrier jardinier habitant à Rouen, commence à créer des roses, dont une qu’il nomme Le Bienheureux de La Salle.  
Fier de son travail, il présente ses variétés aux réunions de la Société centrale d’Horticulture de Rouen qui décide d’exposer ses créations aux Expositions Universelles de Paris de 1867 et 1878. Armand se voit ainsi remettre le premier prix pour les roses de semis.
Cependant, Armand Garçon préfère vendre la plupart de ses variétés aux rosiéristes de la région parisienne, et notamment à Margottin Fils qui achète Le Bienheureux de La Salle. Ce dernier la rebaptise Mme Isaac Pereire, en hommage à la femme du financier, décédé un an plus tôt, en 1880.
Portrait de Mme Pereire, par Alexandre Cabanel (1859)

En 1882, la Société botanique d’Angleterre organise un concours à Londres. Margottin Fils se voit remettre un prix pour la rose Mme Isaac Pereire.

dans mon précédent jardin, en lisière de massif

Apprenant la nouvelle, la Société centrale d’Horticulture de Rouen écrit à la Société botanique d’Angleterre en lui expliquant l’histoire de cette rose et en demandant que le prix soit décerné à Armand Garçon, le véritable obtenteur de la rose.
Le nom de l'obtenteur sera restitué mais le nom de la rose primée Mme Isaac Pereire restera inchangé.


Les années ont passé, Fanny Rebecca Pereire s'est éteinte en 1910, à l'âge respectable de 85 ans, mais nous cultivons toujours sa magnifique rose qui prend des allures de grimpant sous climat chaud.
Mon rosier, quant à lui, formait un joli buisson que je traitais comme un hybride de thé, dans un massif. Très généreux en fleurs, il avait une remontée de septembre époustouflante.
Seul bémol, son feuillage facilement atteint de rouille. Après avoir ôté les feuilles abîmées début août, j'épandais une bonne dose de fumier de cheval et d'engrais en granulés. Très rapidement, un nouveau feuillage tout neuf faisait son apparition. Promesse d'un bel écrin pour la floraison d'automne.
Que va-t-il me réserver à présent, dans sa nouvelle terre de cocagne ?...

peinte par Yana Movchan, une artiste florale ukrainienne

Sources :
Journal des roses, page 82, 1883
Journal des roses, pages 52-53, avril 1893
Journal des roses, pages 115-116, août 1898

Pour en savoir plus :

samedi 23 avril 2016

En Touraine : Festival des roses à Chédigny (37)

La Touraine est bien connue pour ces beaux châteaux le long de la Loire. Mais savez-vous qu'il existe dans cette région un village dédié aux roses, première commune ayant reçu le label "Jardin Remarquable" ? A l'instar de Grigran, dans la Drôme provençale, Chédigny se pare de mille couleurs au printemps.

Tous les ans a lieu le Festival des roses, dans ce village d'artistes où chaque ruelle, chaque façade est ornée de rosiers.

Il y a 17 ans, le maire a eu l'idée lumineuse de planter des grimpants le long des maisons. Puis, de supprimer les vilains trottoirs en goudron pour former des bordures de buissons et de vivaces, ceinturées de pavés. 
800 rosiers plus tard, le coup d'oeil est spectaculaire !

Cette féérie de roses est fêtée depuis chaque printemps.
Le temps d'un week-end, rosiéristes et pépinièristes viennent exposer leurs merveilles. Mais il y a aussi de la déco de jardin, des ateliers olfactifs, sans oublier les animations musicales.

Le journaliste Patrick Mioulane sera le parrain de ce festival 2016.

 


le livre hommage, consacré au village, écrit par Sonia Lesot,
avec les photographies de Georges Lévêque
 aux éditions Noctuelles (2013)







 
 
 
 
 
 
 

 
 





Jeanne de Chédigny (Eve 2010) 
 le rosier arbustif en hommage à la mère du maire,
Pierre Louault, instigateur de ce projet de fleurissement
 

Pour en savoir plus :
 
Crédits photographiques : Christophe Gaye / Daniel Gendre / Françoise Glikman
 


dimanche 17 avril 2016

Fifi sur la volière

rosier liane, découvert par Philippe Viton, en Normandie.
Vous connaissez à présent mon goût pour les rosiers ayant une histoire et particulièrement pour les rosiers oubliés, redécouverts dans de vieux jardins abandonnés. Ce rosier n'est pas a priori un rosier ancien mais son histoire est malgré tout très attachante.

Il y a 28 ans, le pépiniériste breton Philippe Viton (amateur de rosiers alba et botaniques) a découvert ce gracieux bijou, au pied d'une volière, dans l'Orne. Il portait quelques rameaux avec un feuillage petit et fin et des fleurs en pompons blanc rosé, naissant en bouquets.
La propriétaire du jardin lui assura ne jamais avoir planté ce rosier. Mais qui était donc ce joli grimpant aux branches souples ? 
L'heureux rosiériste décida de le multiplier dans sa pépinière, de l'observer au fil des années et d'essayer de l'identifier. Il en distribua des greffons à ses confrères rosiéristes et à des amateurs éclairés. Mais le "Grimpant sur la volière" restait toujours aussi mystérieux...
Après toutes ces années, personne n'ayant réussi à l'identifier, Fifi sur la volière fut finalement baptisé lors des Journées de la Rose de Chaalis, en 2012. Avec un nom de baptême, clin d’œil à son découvreur et à son lieu de naissance. 
Ce vigoureux grimpant qui peut atteindre 4 mètres de hauteur, à défaut de partir à l'assaut d'une volière, saura élégamment orner une pergola de ses grappes parfumées. Sa floraison est plus tardive que celle des autres rosiers. Elle débute en juillet mais se prolonge tard en saison.   


Roses d'antan
Sylvie et Philippe Viton
9 route de Kermunut
22200 GRACES-GUINGAMP
Pour en savoir plus :


jeudi 7 avril 2016

Merveilles du Printemps

Pas de doute, le printemps est bien arrivé et il ne perd pas de temps dans le Midi de la France. La douceur (22° le jour de ces prises de vue) et les averses nombreuses (c'est un mythe qu'il ne pleut pas dans le Sud) ont boosté les plantes qui s'en donnent à cœur joie. 
Mon plus grand bonheur fut de découvrir les pivoines. Certaines sont au stade du bouton mais celle-ci est déjà bien épanouie. Une splendeur, dont je ne connais pas le nom.




Au jardin public, les pâquerettes forment des coussinets rondelets. On dirait des petits champignons rosés ces pomponettes.






Ce n'est pas encore l'époque des roses, même si la végétation est bien avancée, et pourtant j'ai débusqué la toute première corolle du printemps. Darcey Bussell, un rosier Austin, offre une jolie fleur couleur framboise, parfaitement dans le ton des tulipes.



Les tulipes, justement, sont à leur apogée et ont rejoint les pensées et les anémones, à la floraison prolongée. Les myosotis complètent le tableau. J'aime ce contraste de couleurs. Ce bleu pur ravive la scène.

  
 
Et la tête haut perchée, j'admire pour finir cet immense magnolia dont les fleurs caressent les nuages. Il paraît que ces arbres préfèrent les sols frais et humifères. Preuve en est qu'ils sont pourtant parfaitement à leur aise ici !