Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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lundi 10 décembre 2018

Dans le Nord : le Jardin de roses de L'Obiau (62)


Une destination de plus à ajouter à mes propositions de visite ! (cf. la liste, clic ici les-roseraies-à-visiter-en-france ). 

Il s'agit du jardin de roses de Monique Farda, dans le Pas-de-Calais, que la journaliste Martine Dablemont a rencontrée. 

Imaginez 350 variétés de rosiers anciens dont 150 roses galliques, laissez-vous séduire en découvrant leurs noms au charme désuet, apprenez à distinguer les rosiers Bourbon, les Centfeuilles, les Damas, les Alba, les Moussus... 

Monique Farda est une habituée des Journées Portes Ouvertes dans les jardins. Depuis plusieurs années, à la mi-Juin, elle fait découvrir sa collection au public. Le temps d'un week-end, cette fervente rosomane ouvre son domaine de 16 000 m2, au profit de l'Association 'Jardins, Art et Soin' (3 € l’entrée).


Pharmacienne de profession, elle est membre bénévole pour cette association qui conçoit des jardins de soins, dans les établissements accueillant des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Elle préside la structure régionale des Hauts de France.
 « Ouvrir son jardin pour JAS, ce n'est que du bonheur : celui de partager sa passion, bien sûr, mais aussi savoir que l'on peut apporter un peu de mieux aux résidents d'établissements hospitaliers. Les gens viennent souvent en famille, se promener dans le jardin comme ils le feraient dans un parc public. »
Monique est capable de parler des différentes familles de roses pendant des heures. Elle conte l’histoire de son jardin, né d’un rêve à partir d’un champ. C'est une enfant du pays, ses parents habitaient une ferme à proximité du cimetière militaire du Touret. « Exilée » à Condette, où elle exerçait son métier de pharmacienne tout en élevant ses enfants, elle est revenue et a fait construire sa maison avec son mari, en 1998. A leur arrivée, le grand terrain était complètement vierge de plantations, elle pouvait y projeter son rêve de jardin fleuri.
'Ghislaine de Féligonde'
Les massifs de roses anciennes y occupent désormais une place de choix mais il y a aussi un magnifique jardin de graminées, ouvert sur la campagne.



« Peut-être que cette passion est née lors de mon enfance ici même dans la commune, quand Albert le jardinier travaillant dans le cimetière anglais donnait régulièrement à mes parents des boutures de rosiers. J’ai vécu 25 ans à Condette, et de là, j’ai ramené 100 rosiers. »


Au milieu de la pelouse, de longues plates-bandes accueillent les plantations qui augmentent d'année en année. Pour créer ces massifs, point de labourage, juste les trous nécessaires. La jardinière étend un voile de forçage P17. Ce film non tissé en polypropylène est un voile perméable, habituellement utilisé en hivernage pour la protection contre le gel. Monique le camoufle de déchets de tonte et de paille. Elle a le souci de l’équilibre écologique et n’utilise pas d'herbicide.


'Bleu Magenta'


De part et d’autre de son « massif central », l’un des massifs les plus importants de roses, deux bancs en bois ont pris place, « l'un exposé à l’ombre, l’autre au soleil, suivant les goûts de chacun » permettant aux visiteurs de mieux se laisser imprégner de la beauté des lieux.
Le deuxième massif est un mélange harmonieux de graminées et de roses. Et le petit dernier porte le nom de sa petite fille Capucine, encore bébé : « J’ai planté un prunus en son honneur. »
« Les nuances de couleurs à partir du même pied sont extraordinaires, du rose pâle à l’état de bouton, les roses virent au mauve jusqu’au violet, surtout par temps humide. »


                                   'Ariane'                                                            'Belle Virginie'

'Chénédolé'



 'Alice Vena'

   'Marie Tudor'


'Lucille Duplessis'

Cette roseraie en formation s’enrichit de nouveaux rosiers galliques.  Chaque pied a son étiquette en zinc vieilli. « Ils sont tous différents. J’ai un petit faible pour 'Lustre d’église', qui selon moi porte bien son nom. Au moment de l’éclosion, les pétales s’ouvrent à la façon d’un chandelier portant des bougies-flammes ! »
rosier gallique 'Lustre d'Eglise'
Monique Farda nous apprend qu'elle jardine « dans son coin » et qu'elle ne fait pas partie d'une association d'amateurs de roses. En tout cas, elle partage publiquement sur FB des photos de ses plantes et de son jardin. Elle ne tient pas de blog, à ma connaissance.

 

Bravo pour cette belle initiative de passionnée !

Jardin de L'Obiau
250 rue de L'Obiau
D170
62136 LA COUTURE


Crédits photographiques :

Sources :
Propos échangés avec Martine Dablemont pour le journal local 'La Voix du Nord' en 2016, 2017, 2018

vendredi 30 novembre 2018

Rosa cinnamomea

ou rosa majalis plena, rosa foecundissima. Rose botanique, non remontante.


Une beauté à l'état pur, cette rose ancienne. On a du mal à croire qu'il s'agit d'une variété botanique, tant cette fleur fourmille de pétales. Et pourtant elle apparaît (avec rosa alba maxima) comme la rose à multiples pétales la plus ancienne du monde végétal. 

Rosa cinnamomea est sûrement une mutation ou un hybride naturel du rosier à fleurs simples (5 pétales) et à floraison précoce rosa majalis, que les auteurs de la Renaissance surnommaient la rose de canelle (sic) car ses tiges marron roux ressemblent aux branches du cannelier. Cinnamomum signifie cannelle en latin.

Cette forme très double est mentionnée pour la première fois par le grand botaniste Charles de L'Ecluse (dit Clusius), en 1583. Il raconte qu'il cultive depuis de longues années une forme de la rose de cannelle avec beaucoup de pétales et que celle-ci n'a jamais donné de cynorhodon. Il la nomme rosa cinamomea pleno flore et joint une illustration en noir et blanc. S'en suivront de nombreuses autres gravures en couleur au cours des siècles suivants, dont celle de Basilius Besler en 1613.
gravure de 1583, reprise par le botaniste John Gerard 
en 1597, dans son Herball 




Redouté, 1817

Des formes de rosa majalis ont fait probablement leur apparition à plusieurs reprises car des variantes à fleurs pleines et rose pâle coexistent. Signalons notamment rosa foecundissima 'Tornedal' qui présente une forme étoilée et de jolis pétales en pointe.
Rosa cinnamomea, arbuste feuillu d'1m50, se pare de fines et élégantes folioles vert grisé, assemblées par 7. Ses boutons coniques attirent particulièrement l'attention car ils sont pourpres sur toute leur partie, calice compris. L'alliance de couleurs avec l'écorce 'façon bâton de cannelle' et les roses écloses irradie de beauté. Ne manque que le parfum de l'épice...
rosa cinnamomea


Crédits photographiques :


mardi 20 novembre 2018

Marie Curie

Marie Curie, scientifique d'exception, méritait bien une rose, elle aussi exceptionnelle. Meilland ne s'est pas trompé en sélectionnant ce rosier qui lui fait honneur avec brio.
Ce joli buisson, mi-floribunda, mi-hybride de thé, n'est pas une nouveauté. Il orne les jardins depuis déjà plus de vingt ans mais il reste un must parmi les rosiers à fleurs groupées.

Ses boutons ronds, presque rouges, se muent en roses froufroutantes d'environ 36 pétales.
Pleines et charnues, modelées autour d'un cœur à peine visible, les fleurs de 9 cm de diamètre combinent deux coloris : le rose et l'abricot. Elles sentent une odeur épicée.

Le buisson est solide et ramifié. Haut de 80 cm, il s'étale en largeur. Ses branches robustes poussent presque à l'horizontal. Il se plaît en plein soleil, en bordure et ignore les maladies. 
Aisé à cultiver, il garde longtemps son feuillage luisant, vert sombre. La distance entre les feuilles est courte ce qui donne une frondaison dense.

Un bel exemple de vigueur et de résistance.