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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

Ce blog d'amateur est parfaitement libre et indépendant, je ne perçois aucun avantage, aucune rétribution de qui que ce soit. Sa seule vocation est le partage d'informations. Si vous empruntez une photo ou un texte de mes articles, veuillez citer vos sources comme je le fais moi-même. Les photos ne sont pas libres de droit. Pas d'utilisation commerciale sans mon accord.

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dimanche 28 février 2016

En Seine-et-Marne : Les Jardins de Berville

La liste des roseraies remarquables s'allonge. Je découvre cette magnifique adresse, près de Fontainebleau, ouverte à la visite depuis l'an passé et je ne résiste pas au plaisir de relayer et faire connaître les belles images de ce paradis de roses :
route de Moret
77690 LA GENEVRAYE

Ce domaine doit être particulièrement exemplaire puisqu'il a remporté la 1ère place ex aequo du Prix Bonpland 2016.
Cette distinction, mise en place par la Société Nationale d'Horticulture de France (SNHF), a pour objectif de faire découvrir des jardins remarquables dans leur conception et leurs pratiques de jardinage. Ce concours vise à promouvoir la création ou la restauration de jardins d’agrément par des jardiniers amateurs. 
© Frédéric Pernel
Le Prix Bonpland est accessible à tous. Il récompense des initiatives ayant valeur d’exemple et que chaque jardinier en herbe peut s’approprier. Les lauréats du prix s’engagent d’ailleurs, dans un souci de partage de savoir-faire, à ouvrir leur jardin à la visite.
Au cœur d'une propriété en pierre du XVIIe siècle, longée par un canal, les Jardins de Berville sont l'œuvre de France Jobert, collectionneuse de plantes et passionnée de roses.
Qu'ils soient botaniques, arbustifs, lianes ou couvre-sol, les rosiers colonisent les murs, les berges et les massifs. 


Deux grands mixed-borders cohabitent avec des légumes anciens dans le potager clos de murs.
Nul doute qu'il s'agit d'un jardin harmonieux et romantique à visiter en mai ou en juin pour profiter des explosions de couleurs et de parfums. 




Et si vous ne pouvez pas visiter à la floraison des roses, il est toujours possible de parcourir le parc le temps d'une "promenade-conférence autour d'une plante", assurée par un spécialiste.
Après les euonymus, les viburnums et les hellébores, c'est au tour des roses. Le prochain atelier, sur inscription, sera consacré aux conseils de taille. Il aura lieu le : 
  SAMEDI 5 MARS 2016  
  de 10h à 12h30  

Pensez à réserver !
 
Pour en savoir plus :
http://www.les-jardins-de-berville.fr/blog/
http://www.jardinsdefrance.org

vendredi 19 février 2016

Fleurs de saison


Elles sont sans doute précoces,
 en tout cas, je me suis bien amusée à les photographier de part en part.



Je vous entraîne, aujourd'hui, dans une promenade très colorée.
Plongeon direct dans un méli-mélo de fleurs aux couleurs froides mais vives,
 qui ornent les broderies de buis d'un jardin public, que je traverse tous les jours.




Vous reconnaissez des anémones coronaria (fleurs simples), des pensées,
des giroflées, des anémones Ste Brigitte (fleurs doubles)...
L'assortiment des teintes est plein de peps.
J'ai bien aimé ces grains de beauté au milieu de la verdure ambiante.
Et vous, vous aimez ?

 
 











mardi 9 février 2016

Celestial

rosier alba d'origine incertaine, cité au début du XIXème siècle, illustré ci-dessous par Charles Raymond en 1955.

    Nous voici encore une fois devant une rose historique, pleine de délicatesse, aux noms multiples selon les sources :
    - rosa alba celestis (Dupont, 1809)
    - rosa alba celestis (Redouté/Thory, 1817)
    - rosa alba coelestis (Audibert, 1817) 
    - Celestial (Lindley, 1820)
    - Céleste

L'arbuste est grand et lance de longues branches souples, peu épineuses. Il atteint 2 m et peut être palissé.

Il est aimé des pays nordiques (Suède, Norvège...) car il est rustique et réclame peu de soleil. Il grandit ainsi à mi-ombre.

Délicatement parfumée, sur un fond de feuillage gris-vert, la fleur semi-double revêt un rose translucide comme un coquillage.
 
Collection Loubert (France)
Elle a de petits pétales chiffonnés au centre qui semblent recroquevillés sur le cœur. Les replis de son œil laissent deviner un cercle d'étamines dorées. Elle s'ouvre à plat et fane presque blanc. Elle ne fleurit qu'une fois, en juin.

(photo : Per Aasen)
 
Avec une telle couleur, ce n'est pas étonnant que cette beauté ait reçu un nom aussi évocateur : Céleste. Ses pétales fins et ondulés se parent de nuances bleutées, dignes d'un ciel clair au lever du soleil.

En 1817, le botaniste Thory l'appelait d'ailleurs " le rosier blanc nuancé de bleu " en précisant que "cette prétendue couleur bleue n'est qu'une illusion produite par l'effet des ombres".

Selon Thory, l'amateur parisien André Dupont possédait ce rosier dans sa collection et le proposait dans son recueil "Choix des roses greffées sur canina", paru en 1809. Dupont l'avait peut-être importé de Hollande.
 

 
Les boutons sont allongés. Le tube du calice, renflé au milieu, est aminci aux deux extrémités, caractère propre aux rosiers alba.
La bibliographie (Jan Balis et en chaîne Charlotte Testu, François Joyaux...) donne pour synonyme à cette rose : rosa damascena aurora (la rose Belle-Aurore, rosa alba purpurascens). Redouté avait rebaptisé celle-ci en Aurore Poniatowska et nous a légué une belle gravure reproduite ci-dessous, publiée en 1821 dans son célèbre recueil.
A mon avis, il ne s'agit pas de  la même variété. Le coloris carné-orangé diffère. Les aiguillons rougeâtres et forts sont nombreux. Un onglet jaune apparaît au creux des pétales... 
En plus, Thory présenta les deux distinctement dans l'ouvrage "Les roses", illustré par Redouté.

de nombreux aiguillons et une rose plus "purpurine",  a priori éteinte.

Celestial ne doit pas non plus être confondu avec le rosier Céleste blanche (rosa alba nova celestis) qui fut obtenu vers 1811 par Dupont. Il s'agissait d'une rose très double, d'un blanc éclatant avec aussi une légère teinte bleuâtre.

Sources :
  • GUERRAPAIN, Almanach des roses, dédié aux dames, Troyes, 1811.
  • REDOUTE / THORY, Les roses, tome I, page 98, Paris, 1817.
  • REDOUTE / THORY, Les roses, tome II, page 41, Paris, 1821.
  • DE PRONVILLE, Nomenclature raisonnée des espèces, variétés et sous-variétés du genre rosier, Paris, 1818.
  • Journal des Roses, octobre 1902.
  • SITWELL / RUSSEL, Old garden roses, Londres, 1955, Part I, illustration page 28.
  • Jan BALIS, Images de la rose, p.18, Bruxelles, 1966
  • Pat Leuchtman The roses at the end of the road


Pour en savoir plus :
http://www.roseraieduvaldemarne.fr
https://storstadsnatur.wordpress.com/tag/rosa-alba-celestial/
http://vigdisn.blogspot.fr/2012/07/sommerens-rose-favoritt.html