Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

Ce blog d'amateur est parfaitement libre et indépendant, je ne perçois aucun avantage, aucune rétribution de qui que ce soit. Sa seule vocation est le partage d'informations. Si vous empruntez une photo ou un texte de mes articles, veuillez citer vos sources comme je le fais moi-même. Les photos ne sont pas libres de droit. Pas d'utilisation commerciale sans mon accord.

N'hésitez pas à laisser en message vos remarques, vos avis... J'y répondrai avec plaisir.

mardi 25 février 2014

Palette de couleurs

Levons le voile sur le massif abricot-pourpre dont je vous parlais dans l'article précédent.

En fait, ce sont trois couleurs qui le composent : rose-abricot-pourpre. Trois teintes fortes que j'aime associer dès le printemps en combinant des tulipes de ces coloris. Intense, mais très joyeux !




Le ténébreux Munstead Wood aura pour vocation de tempérer toutes ces ardeurs. Planté à mi-ombre pour préserver son teint, espérons qu'il tiendra ses promesses de couleur et de parfum.
 
 
Le soleil britannique n'est pas le plus ardent mais je me méfie des splendides photos de David AUSTIN, sans doute un peu beaucoup retouchées...


Leonardo da Vinci apportera la touche carminée. Un rosier florifère, très sain et fidèle chaque année, qui se bouture très facilement.

Munstead Wood (Austin, 2007)
 
Sweet Dream (Fryer, 1988)
 
Leonardo da Vinci (Meilland, 1994) 
 

vendredi 21 février 2014

Roses anciennes d'hier et d'aujourd'hui

par Patricia BEUCHER, paru chez Nathan, en 1993.



Page de garde : rosier wichuraïana  Albertine


J'ai déniché ce charmant ouvrage chez un bouquiniste. Un livre de 166 pages écrit par une journaliste jardinière passionnée, à une époque où les roses anciennes revenaient à l'ordre du jour après une longue absence.

Très agréable à lire, il présente plus de 350 variétés sélectionnées par l'auteur dans son jardin mais aussi dans ceux de collectionneurs rosiéristes dont André Eve et Jean-Pierre Guillot.

Patricia BEUCHER émaille les descriptions d'anecdotes et d'astuces nées de sa propre expérience. Elle n'hésite pas à donner un avis tranché sur une rose décevante et à donner des conseils de choix.

La photo de couverture (une Albertine très colorée !) m'a donné envie d'intégrer du orange au jardin.

C'est ainsi que le petit floribunda Sweet Dream a rejoint mon massif abricot-pourpre pour apporter un peu de chaleur au printemps.  



obtention G. Fryer (1987)


mardi 18 février 2014

Jacques Cartier

rosier de Portland, obtenu en 1868 par Robert et Moreau, obtenteurs prolifiques d'Angers (France).

Une confusion est possible avec Marquise Boccella.



Une très belle rose claire avec le centre plus sombre, très grande, pleine et globulaire, avec une croissance vigoureuse.

Source : The Florist and Pomologist, 1868

A ceci, il faut ajouter une bonne remontée tout au long de la saison. Une rose élégante qui naît en bouquet, nichée dans un feuillage fin. Son coloris devient plus soutenu par temps frais.
Dommage qu'elle ne soit pas parfumée.



samedi 15 février 2014

catalogue Roses André Eve 2013-2014


        

La célèbre pépinière de Pithiviers a eu la gentillesse de m'envoyer le catalogue papier de cette saison.106 pages richement illustrées, avec parfois des anecdotes. Bref, impossible de ne pas succomber.



J'ai choisi un hybride remontant aux origines un peu floues : Baron de Gossard.

Aucun ouvrage spécialisé ne mentionne ce rosier. Seul, Jules Gravereaux l'avait inscrit dans le catalogue manuscrit de sa collection à l'Haÿ, en 1912. Il l'avait classé en rosier gallique.                                                                  
Il pourrait s'agir d'une erreur de transcription. En effet, il existait un rosier gallique dénommé Pérou de Gossart. Etrange similitude de nom...

Louis VAN HOUTTE présenta ce rosier Pérou de Gossart dans sa revue d'horticulture de 1873 et le décrivit "velours cerise noir reflété feu". La description est sommaire mais accompagnée d'une belle illustration :


Autre erreur : la classification. Le rosier qui nous est parvenu, quelle que soit son appellation, a l'aspect d'une rose gallique (ou Provins) mais il offre une seconde floraison. Il est donc préférable de le classer en hybride remontant.
Le mystère de son obtention reste, lui, entier. Deux pistes cependant : il existait un rosier gallique, nommé Pérou, répertorié par Desportes en 1829 et un rosiériste nommé Gossart, obtenteur à Mons en Belgique, à la même époque.

Sources

VAN HOUTTE, Flore des serres et des jardins de l'Europe, vol.19, p.147, Gand, 1873.
DESPORTES, Roses cultivées en France, pages 22 et 61, Paris, 1829.



jeudi 13 février 2014

Madame Ferray *

... ou Mme Ferrey ** ou Bernard (appellation actuelle par les rosiéristes). Obtenue vers 1840.

Madame Ferray et Perpétuelle Bernard sont bien deux roses distinctes.

Il semble que ce soit William PAUL qui le premier confonda les 2 variétés. En 1848, il la décrit comme :
" une très belle rose aux fleurs rose saumon, de taille moyenne, pleine. " ***
 
 
Mais l'origine de cette rose se fait plus précise en 1864, dans une longue description du professeur Eugène FORNEY :
" Fleur moyenne, pleine, rose très tendre et d'une grande fraîcheur de teinte, forme Rose du roi mais plus étoffée, vigueur moyenne, rameaux teintés de pourpre à l'état herbacé.  
Obtenu d'un semis de la Rose du roi, au château du Grand-Val, à Sucy-en-Brie. " ****

Sources :   * Catalogue LEFEVRE père et fils, à Mortefontaine (Oise) 1841-1842
                  ** Catalogue de pépinières royales de Vilvorde, 1848-1849.
                  *** William PAUL, The rose garden, Londres, 1848.
                  **** E. FORNEY, La taille du rosier, sa culture, ses belles variétés, Paris, 1864.

mercredi 12 février 2014

Perpétuelle Bernard

ou Pompon Perpetual, cité dès 1837, en Angleterre et dès 1840, en France. Peut-être une mutation de Rose du Roi avec de plus petites fleurs.

La pépinière allemande Rosenschule RUF l'a photographié au Rosarium de Sangerhausen :
 
(photo déposée HMF)
 

Une grande confusion existe autour de ce nom car il y a aussi une autre rose Bernard (synonyme Mme Ferray) commercialisée actuellement.

Et pour compliquer le tout, Pompon Perpetuel désigne aussi une rose centifolia moussue (Vibert,1847).

La description d'époque précise que Perpétuelle Bernard est :
" une très belle nouvelle rose avec plutôt de petites fleurs mais très doubles et finement formées. Elles sont d'une couleur carmin délicat. Il s'agit d'un vrai Perpétuel. " *
"  Fleur moyenne, pleine, peu bombée, rouge clair, bon parfum ". **

Sources :     * RIVERS, The rose amateur's guide, Londres, 1837.
                    Catalogue de végétaux JACQUIN Frères, Paris, 1840-1841.
                    Catalogue LEFEVRE père et fils, horticulteurs à Mortefontaine (Oise), 1841-1842.
                    ** POITEAU / VILMORIN, Revue horticole, Paris, 1842.   

mardi 11 février 2014

Etude américaine sur les Portland

Phillip ROBINSON a signé en 2007 un intéressant article sur les rosiers de Portland.
Pour le lire, c'est ici.

 
L'auteur est un rosiériste californien. Il possède une importante collection de roses anciennes dans ses vintage gardens.

vintage gardens


lundi 10 février 2014

Arthur de Sansal

obtenu en 1855 par Cochet, horticulteur à Suisnes (France).

Sorti de Géant des Batailles, il porte des fleurs d'un rouge velouté, ombré de brun foncé, passant au violet sombre en vieillissant. Il remonte très franchement.
 


(photo : Loubert)

Son bois assez fort, est vert clair. Les aiguillons assez nombreux, courts, assez faibles, presque droits, sont rouge pourpre. Les feuilles sont lisses et vert assez clair. Elles sont souvent composées de 7 folioles ovales allongées.
 
Les fleurs peu odorantes sont moyennes (7 cm environ) et complètement pleines. Elles sont d'un coloris d'une richesse de ton extraordinaire, vivement éclairé de reflets feu. Les pétales centraux sont reployés en bourrelet.

Sources :   Journal impérial et central d'Horticulture, Paris, 1855.
                 Journal d'horticulture pratique de la Belgique, Bruxelles, 1855-1856.

dimanche 9 février 2014

La roseraie de la Cour de Commer (fin)

La roseraie sous l'oeil de son jardinier rosomane.

François Joyaux à la Cour de Commer

Un reportage télévisé en date du 5 juin 2009 lui a été consacré.

Pour le visionner, c'est ici.

Pour avoir encore plus de détails et des photos, un petit tour  et aussi là.

samedi 8 février 2014

Celina Dubos

... ou Cœlina Dubos, sélectionnée en 1848 par Dubos, à Pierrefitte (France).

ou Rose du roi à fleurs blanches, sous-variété provenue d'un accident de sève de la Rose du Roi, fixé par la greffe. *

(photo : greengrass44)

Elle appartient à la section nommée par les fleuristes Portlands ou Perpétuelles. Le bois, les aiguillons, le feuillage, les boutons, la forme, le port et l'odeur de la fleur rappellent la Rose du roi. **
Elle n'en diffère que par la couleur de la fleur qui, au moment de l'épanouissement, est d'un blanc carné tendre qui passe souvent au blanc pur et se colore quelque fois d'une fraîche et faible nuance de rose lorsqu'elle est frappée par les rayons du soleil. ***


Sources :   *   FORNEY, La taille du rosier, sa culture, ses belles variétés, Paris, 1864.
                 **  Bulletin de la société d'horticulture pratique du Rhône, Lyon, 1848.
                 *** HERINCQ, Revue horticole, Paris, 1850.

jeudi 6 février 2014

Catalogues 2014 : David Austin roses

L'hiver est doux et propice à de nouvelles plantations. Comme à chaque saison, je me plonge avec délice dans le catalogue des roses anglaises.



catalogue 2013/2014
catalogue américain 2014


L'occasion de passer commande d'une variété introuvable en France, le beau Rosemoor, introduit en 2004.






Un rosier aux petites fleurs en forme de rosettes qui ressemble au centifolia
Rose de Meaux.

Selon son obtenteur, le parfum est puissant et capiteux avec des pointes de pomme, de concombre et de feuilles de violette.

Il porte le nom d'un jardin de la Royal Horticultural Society.


rosa centifolia pomponia dite Rose de Meaux



Madame Boll

Rosier Portland, remontant.
Annoncée comme nouvelle en 1859, cette rose est en fait une obtention du new-yorkais Daniel Boll, qui l'avait fait distribuer en France par Boyau, rosiériste établi à Angers. Boll l'avait obtenue en 1843.



Actuellement, elle est parfois commercialisée sous le nom fautif de Comte de Chambord.


C'est un buisson très vigoureux, avec des corolles de 10 cm, très pleine, à la forme parfaite un peu bombée. Les fleurs très odorantes sont d'un beau rose vif. *
Hybride de Portland et de Bengale, genre Baronne Prévost, variété d'une végétation splendide. Ses feuilles atteignent les dimensions de celles du cerisier d'Angleterre. **

Sources :  *   HERINQC, L'horticulteur français, 2e série, Paris, 1859.
                **  FORNEY, La taille du rosier, sa culture, ses belles variétés, Paris, 1864.


 Jamain, Les roses, 1873

Journal des Roses, novembre 1882


     

mercredi 5 février 2014

Comte de Chambord

obtenu vers 1860 en France par Robert et Moreau.
Arbuste faible, à rameaux garnis de bosses vert terne, peu garnis d'épines.  
Fleur moyenne, peu pleine au coloris chair pâle.
Source : SINGER, Dictionnaire des roses, Bruxelles, 1885





François Joyaux le dit éteint depuis bien longtemps mais les rosiéristes actuels commercialisent une variété sous ce nom.

Il semble qu'il y ait confusion avec le rosier Mme Boll ou le rosier Mme Knorr, qui se ressemblent beaucoup.
 
En 1967, le britannique Graham S. Thomas, en décrivant le rosier Mme Boll dans le catalogue des Pépinières Sunningdale, l'avait associé par erreur à Comte de Chambord.

Depuis, les deux appellations sont confondues.

mardi 4 février 2014

Madame Knorr

obtenue en France par Verdier en 1855.

Ce rosier est souvent confondu avec le Portland Mme Boll. Il fleurit plus tardivement et son parfum, très agréable est plus soutenu.
 

C'est un arbuste très vigoureux, dont le bois fort et allongé est armé de nombreux aiguillons assez faibles et acérés.

Son feuillage ample est vert clair. Pédoncules longs et sépales foliacés au nombre de cinq.


Ce rosier de Portland remonte franchement sur tous ses rameaux.




 

Les fleurs sont larges (10 cm), arrondies, très pleines, en nombre assez considérable. Elles sont rose vif un peu lilacé sur les pétales de la circonférence.

Source :  Journal de la société impériale et centrale d'horticulture, Paris, tome 1, 1855.


 

dimanche 2 février 2014

En Normandie : la roseraie de Jumaju, au sud de Caen (14)

Jacques Barbier serait-il le Jules Gravereaux des temps modernes ?


A la fin des années 70, il fit l'acquisition d'une fermette du XVIIIe siècle dans un hameau de campagne du Calvados. Et depuis, sa propriété close de haies bocagères et surplombant un paysage vallonné, n'a cessé d'accueillir roses, iris, pivoines, hydrangeas... jusqu'à former désormais 3 jardins de styles différents.
La propriété, foisonnante de végétaux, est composée d'un jardin à la française au tracé labyrinthique de hautes vivaces, d'un jardin à l'anglaise plus formel et d'un jardin de simples. Mais la grande passion de ce collectionneur insatiable, ce sont depuis 1985 les roses anciennes.

 
 
 
Avec son épouse Dominique, il a réuni à ce jour plus de 2000 variétés représentant toutes les familles de rosiers (galliques, alba, Portland, Damas, centifolia, mousseux, hybrides remontants, polyantha...).
Leur collection, de grande ampleur pour une initiative de particuliers, est désormais labellisée par le CCVS et devient Conservatoire national de roses anciennes.


 
Leur site internet présente quelques photos du jardin et des prises de vue pour chaque rose. Elles sont classées par groupes. Intéressant pour identifier une variété.
Extraits des clichés d'ensemble pour vous donner l'eau à la bouche !


rosa californica plena
 

rosa multiflora Psyché et Cerise Bouquet

Le jardin est ouvert au public du 28 mai au 14 juillet 2016
tous les jours de 10 h à 18 h
     sauf le vendredi
 
Le jardin de Jumaju
Les Fieffes
14350 MONTCHAMP
02.31.67.34.09

Sources :
http://www.lejardindejumaju.com/
http://www.lavoixlebocage.fr/jardins-de-jumaju


samedi 1 février 2014

Mogador, la Rose du roi à fleur pourpre

ou Rose du roi à fleurs pourpres, rosier Portland, mutation de Rose du roi.


Mise au commerce en 1845 par Victor Varangot, horticulteur à Melun (France).

Le synonyme Roi des pourpres est erroné. Il s'agit d'une autre rose ancienne, toujours actuellement commercialisée.

La description d'époque de Mogador l'annonce :
"hérissé d'aiguillons très petits, aux rameaux rougeâtres et au feuillage vert tendre, mêlé d'une teinte de jaunâtre ". *


La fleur de Mogador mesure 8 à 10 cm, elle est pleine avec les pétales du centre recourbés d'un rouge foncé et souvent pourpre violacé. *

(crédit photo : roses.webhost.pl)

Victor Varangot fut l'objet de grief car on lui reprocha d'avoir fait semblant de vendre une rose nouvelle alors qu'il s'agissait d'une mutation de la Rose du roi. En 1846, l'anglais Thomas Rivers alla jusqu'à le traiter de charlatan dans son livre The Rose amateur's guide !!

L'horticulteur de Melun s'en expliqua bien plus tard en 1861 dans un article au sujet des greffes. **
" La rose Mogador (dite Rose du Roi pourpre) est une variété fixée. J'ai vu à Brie-Comte-Robert chez un de mes cultivateurs de rosiers le sieur Courtault, dans un grand carré de Rosiers du Roi ordinaires, une fleur sur un rameau qui était pourpre. Tandis que les autres rameaux du même rosier donnaient des fleurs pareilles à celles des Rosiers du Roi.
J'ai fait greffer le rameau distinct des autres, qui m'a donné des roses pareilles à celle qui avait appelé mon attention. J'ai alors fait choisir de nouvelles greffes sur les rameaux les plus pourpres. L'année suivante, elles ont développé des bourgeons et des fleurs pourpres, de sorte que j'ai obtenu une nouvelle variété.



Sources :

  • * Revue horticole, journal des jardiniers et amateurs, tome 6, Paris, 1845.  
  • ** Annales de l'agriculture française, 5e série, tome 20, Paris, 1862. 
  • ** Bulletin de la Fédération des sociétés d'horticulture de Belgique, Gand, 1862.
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