Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

Ce blog d'amateur est parfaitement libre et indépendant, je ne perçois aucun avantage, aucune rétribution de qui que ce soit. Sa seule vocation est le partage d'informations. Si vous empruntez une photo ou un texte de mes articles, veuillez citer vos sources comme je le fais moi-même. Les photos ne sont pas libres de droit. Pas d'utilisation commerciale sans mon accord.

N'hésitez pas à laisser en message vos remarques, vos avis... J'y répondrai avec plaisir.

dimanche 13 janvier 2019

En Anjou : la roseraie Loubert

Les amoureux des roses anciennes connaissent tous la pépinière de Jérôme et Isabelle Chénė, qui commercialise des rosiers anciens et botaniques près d'Angers. Mais l'origine de cette collection est mal connue. 
Un livre vient d'être publié et lève le voile sur l'aventure professionnelle de Raymond et Thérèse Loubert, les créateurs de la pépinière et de la roseraie des 'Roses Loubert'. Ces collectionneurs producteurs, connus au-delà de nos frontières, ont passé toute leur vie à réunir des variétés anciennes (surtout botaniques), à sauver des espèces rares de la disparition.
1963-2019 : 56 ans de passion ! 
Plus de 3000 variétés collectées. Autant dire que cet ouvrage était attendu avec impatience tant il y a à apprendre sur ce couple de rosiéristes emblématiques.  
Amaury Rosa de Poullois, lui-même collectionneur en Bretagne, leur rend hommage et ce recueil de souvenirs et de roses est un véritable manifeste d'affection et d'admiration.
Edition Delachaux et Niestlé, 2018
34,90 €
Les photographies, variées en thème, représentent des roses en gros plan (244), des feuillages (23), des écorces et aiguillons (14), des cynorhodons (10), des portraits de Thérèse (arrière-grand-mère très photogénique) et des clichés de l'auteur...
Dommage que ce nouveau livre contienne si peu d'images en plan large de la roseraie. J'aurais aimé voir un plan des plantations, des vues en perspective, etc... Les rosiers sont-ils regroupés par espèce ? Mêlés à d'autres plantes ou arbustes ?
On y lit nombre détails historiques et témoignages, en introduction, et c'est intéressant. Raymond Loubert (1930-2015), né en Suisse, avait une formation d'horticulteur et de paysagiste. Il débuta sa carrière dans des pépinières puis poursuivit comme jardinier au Service des Parcs de Genève. 
En 1957, sa rencontre avec Georges Delbard apparaît déterminante, mais les roses ne sont pas encore sa spécialité. Raymond Loubert prend la tête du verger expérimental de l'entreprise Delbard à Malicorne et devient responsable des créations de fruitiers : pommiers, pruniers, cerisiers.
En 1963, pour des raisons familiales, la famille Loubert doit quitter l'Allier pour retourner en Anjou. Ils s'installent aux Rosiers-sur-Loire (quel nom prédestiné !) et fondent leur propre pépinière d'arbres fruitiers, de fraisiers et de rosiers. Le jeune entrepreneur a une solide expérience du greffage mais la production reste trop faible. Ils vivent une décennie difficile, avec peu de moyens et leurs seuls 4 bras pour faire tourner l'exploitation.
Autres rencontres déterminantes : la coopération avec la société Villemorin qui implante sa collection de rosiers modernes chez les Loubert et le partenariat avec l'entreprise Clause.
Grâce aux contrats avec ces grandes maisons, Raymond et Thérèse Loubert augmentent considérablement leur production. Les rosiers modernes font fureur dans les années 70 et 80. Puis le vent tourne, les roses anciennes refont surface. Raymond a déjà une collection de variétés historiques puisqu'il a récupéré les roses anciennes de l'entreprise angevine Pajotin-Chédane et celles de Robichon, dans le Loiret.
 
Couple de contacts et de rencontres, les Loubert continueront à alimenter leur conservatoire de rosiers, en ramenant des greffons de Californie, du Danemark, d'Autriche, du Japon... Leur collection ne cessera de s'agrandir avec toujours ce souci de préservation. 
La rose la plus rare est d'ailleurs la Rosa hultemia persica, « petit rosier jaune, pas plus haut que 40 cm, très difficile à cultiver, quasiment introuvable » 
En 2002, ce patrimoine sera reconnu Collection Nationale pour les taxons botaniques, par le CCVS (conservatoire des collections végétales spécialisées).
Désormais veuve, Thérèse Loubert perpétue l'entretien et le renouvellement de ses rosiers, répartis sur 5 hectares. Elle se révèle très à l'aise devant la caméra et on l'écoute avec délectation nous conter ses roses, dans les différentes interviews. On s'aperçoit qu'une partie de la collection est plantée en rangs, simplement dans l'herbe. Les rosiers sont très espacés les uns des autres et ont pu atteindre leur pleine maturité, en toute liberté. Des images anciennes montrent aussi de grands massifs et une collection d'iris.





Reportages de Patrick Mioulane :



           
      
             
Depuis une quinzaine d’années, Thérèse Loubert travaille aussi en collaboration avec l'INRA pour connaître les gènes de la résistance aux maladies. Sa collection comprend des rosiers très variés, dont certains en exemplaire unique : un terrain d'études idéal pour les scientifiques. Parallèlement, les chercheurs mènent des opérations de « rejuvénilisation » : certaines espèces sont à la roseraie depuis près d’un demi-siècle et ont tendance à s’épuiser. « Afin d’éviter leur disparition, nous les cultivons in vitro pour leur donner une nouvelle jeunesse. » précise Laurence Hibrand-Saint-Oyant, ingénieur de recherche.
         
On ne peut souhaiter que pérennité à cette collection, l'une des plus importantes de France. Espérons que la famille ou un passionné reprenne le flambeau.
Roseraie Loubert
Les Brettes
49350 LES ROSIERS SUR LOIRE 

Sources :
http://www.rosesloubert.com/
http://www.pepiniere-rosesloubert.com/
http://www.inra.fr/changeons-de-regard-sur-nos-rosiers

jeudi 3 janvier 2019

7 nouvelles roses anciennes pour mes étrennes


Le Père Noël serait-il jardinier ?  
Il ne m'a pas oubliée...
Quel plaisir d'avoir découvert sous le sapin, 7 cadeaux parfumés !
7 merveilleux rosiers anciens aux fleurs pleines comme je les aime.

Georges Vibert 


 Blanchefleur 


 Ispahan 

Jenny Duval 

 Alba Maxima 


 Parvifolia 

 Jeanne d'Arc


Les plants reçus en racines nues ont profité d'un bon bain de racines pour se réhydrater.
A chaque prévision de plantations, je dessine un croquis en marquant l'emplacement des rosiers à intégrer dans les massifs. En fait, je respecte rarement ce croquis au pied de la lettre car on a toujours des surprises en recevant les rosiers. Certains sont très costauds ce qui augure un grand développement. D'autres sont plus chétifs.
En fonction de l'état du rosier reçu, je modifie alors le schéma de plantation. Dans ce cas précis, les plants réceptionnés d'Ispahan et de Jeanne d'Arc étaient plus fluets que les autres, je les ai donc installés aux endroits où la place est plus restreinte ou en bordure de massif, pour contrôler leur évolution. 
Concernant le mode de plantation, je vous avais tout raconté dans cet article ⏩ les-plantations-continuent : ma-technique.

« Très belle année à tous »

jeudi 20 décembre 2018

Des idées de lecture pour Noël


Partons à la découverte des plus beaux jardins du monde.

Photographiés par Claire Takacs, tous célèbrent la passion des plantes, l’originalité voire l’onirisme de leurs créateurs.

Du Shinjuku Gyoen à Tokyo, au Cevan Forristt en Californie, en passant par les Jardin plume ou de Berchigranges en France, la lecture prend la route d’un passionnant voyage au cœur de lieux tous plus surprenants et magnifiques les uns que les autres.

L’ouvrage met en particulier l’accent sur la manière d’inscrire et d’intégrer un jardin dans un paysage préexistant et fait la part belle à l’approche naturaliste du jardinage développée par des paysagistes comme Piet Oudolf, le plus connu, qui nous ouvre les portes de son jardin privé.

Tous ces jardins recherchent une nature perdue qu’ils recréent avec rêverie et poésie.

Paru le 06/09/2018
304 pages
Editions Delachaux et Niestlé
34.90 €



L'histoire des jardins, c'est celle de l'Homme: elle en reflète la culture, les savoirs, les utopies et les modes. 

En s'appuyant sur une iconographie riche et souvent inédite, Philippe Prévôt retrace toute l'évolution des jardins, depuis les mythiques jardins de Babylone jusqu'aux jardins verticaux de Patrick Blanc. 

À côté d'une présentation claire et synthétique des grands moments classiques du jardin (l'Antiquité, les jardins islamiques, la Chine et le Japon, les jardins italiens, français, anglais), l'auteur met l'accent sur l'histoire du jardin en France et aborde des aspects souvent moins connus comme l'art des rocailleurs au XIXe siècle, les jardins Art déco, ou l'histoire des potagers.

Le livre s'achève par une présentation des grands créateurs de jardins.

200 illustrations - 320 pages
Paru en 2016
Editions Ulmer
26.00 €


Vous souhaitez depuis longtemps aménager une plate-bande de vivaces dans votre jardin ? Vous rêvez de massifs chatoyants, sans pouvoir y consacrer trop de temps ?

D’une grande variété de couleurs et de formes, les plantes vivaces permettent de multiplier les possibilités d’aménagement. Leur aspect, qui évolue au fil des saisons, contribue à dynamiser les massifs. Combinées avec des plantes ligneuses, les vivaces confèrent de la magie au jardin et surprennent tout au long de l’année.

Les modules proposés dans cet ouvrage de Christine Breier seront d’une aide précieuse. Présentés de manière thématique, ils fournissent toutes les informations nécessaires à la planification et à l’implantation de parterres faciles à entretenir.

Ces modules vous aideront à adapter facilement des massifs fleuris à votre jardin et à les diversifier à volonté.

Que vous souhaitiez aménager une plate-bande style prairie, un jardin sur gravier ou un massif de vivaces d’ombre, vous trouverez ici le module adapté.
Bien agencées, vos plates-bandes de vivaces vous accompagneront longtemps et seront d’un entretien facile.

Paru le 25/10/2018
Broché cousu - 180 pages
Editions Delachaux et Niestlé
24.90 €



Nous y cultivons des légumes, des fruits et des fleurs. 
Nous le travaillons et récoltons ce que nous y avons semé ou planté. 
Cet élément essentiel de tout jardin, c’est le sol. 

Nous faisons comme si nous savions tout de lui mais en général, nous connaissons mal ce matériau – ce monde – qui vit sous nos pieds.

Quels sont les différents types de sol, les organismes qui s’y abritent ? 
Comment analyser soi-même un sol ? Comment le travailler, l’entretenir et l’améliorer ? Quelles mesures prendre, lors de la construction d’une maison, pour préparer le sol du futur jardin ?

Ce guide de Brunhilde Bross-Burkhardt répond à toutes ces questions et bien d’autres. Il nous livre les bases pour conserver des sols sains et devenir des spécialistes du jardinage biologique.

Paru le 31/05/2018
Broché - 192 pages
Editions Delachaux et Niestlé
24.90 €


Ces plantes qui ont marqué l'Histoire a reçu le Prix P.J. Redouté «Prix Historique» en 2017.
Qui se souvient que des fanatiques invoquèrent l'aubépine pour perpétrer des massacres de la Saint-Barthélémy? Que sous le règne de Louis XIV, un ingénieur mit au point une bombe à l'aconit, arme chimique avant l'heure? Que le pavot provoqua la chute de l'Empire chinois?

Sait-on que fleurs, plantes ou arbres ont depuis l'aube des temps joué un rôle historique? Qu'ils ont servi de symboles religieux, d'emblèmes politiques, de signes de ralliement ou de communion? Qu'ils ont été des objets d'études pour les scientifiques, des sources d'inspiration pour les artistes? Et parfois aussi l'enjeu d'épineuses tractations économiques, et la cause de bien des guerres...?

De l'aconit napel au yucca des Mormons, l'historienne Hélène Tierchant a retrouvé la trace de toutes ces plantes qui ont défrayé la chronique au fil des siècles.

80 illustrations - 192 pages
Paru en 2016
Editions Ulmer
20.00 €



Nul besoin d'un budget exorbitant ni de compétences approfondies en horticulture ou en paysagisme pour donner vie au jardin de ses rêves. 
Qu'on l'envisage par type - jardin classique, potager, japonais, clos, sauvage, sur rue... - ou en fonction des aménagements que l'on souhaite y faire - bassin, pergola, massifs, jardinières, etc. - cet ouvrage de Tim Newbury fournit un large éventail d'explications pratiques et de solutions techniques, ainsi qu'un grand nombre d'exemples de plans de jardins et de plantation.
De nombreuses illustrations proposent en outre des adaptations du plan de base à des tailles ou formes différentes. En fin d'ouvrage, un catalogue de plantes fournit une aide précieuse pour sélectionner les variétés les plus adaptées à son projet et savoir comment les cultiver et les entretenir.

  • 256 pages
  • Réédité le 27/09/2018
  • Editions Eyrolles
  • 28.00 €
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  • 🌲🌲🌲  Joyeuses Fêtes à tous 🌲🌲🌲
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lundi 10 décembre 2018

Dans le Nord : le Jardin de roses de L'Obiau (62)


Une destination de plus à ajouter à mes propositions de visite ! (cf. la liste, clic ici les-roseraies-à-visiter-en-france ). 

Il s'agit du jardin de roses de Monique Farda, dans le Pas-de-Calais, que la journaliste Martine Dablemont a rencontrée. 

Imaginez 350 variétés de rosiers anciens dont 150 roses galliques, laissez-vous séduire en découvrant leurs noms au charme désuet, apprenez à distinguer les rosiers Bourbon, les Centfeuilles, les Damas, les Alba, les Moussus... 

Monique Farda est une habituée des Journées Portes Ouvertes dans les jardins. Depuis plusieurs années, à la mi-Juin, elle fait découvrir sa collection au public. Le temps d'un week-end, cette fervente rosomane ouvre son domaine de 16 000 m2, au profit de l'Association 'Jardins, Art et Soin' (3 € l’entrée).


Pharmacienne de profession, elle est membre bénévole pour cette association qui conçoit des jardins de soins, dans les établissements accueillant des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Elle préside la structure régionale des Hauts de France.
 « Ouvrir son jardin pour JAS, ce n'est que du bonheur : celui de partager sa passion, bien sûr, mais aussi savoir que l'on peut apporter un peu de mieux aux résidents d'établissements hospitaliers. Les gens viennent souvent en famille, se promener dans le jardin comme ils le feraient dans un parc public. »
Monique est capable de parler des différentes familles de roses pendant des heures. Elle conte l’histoire de son jardin, né d’un rêve à partir d’un champ. C'est une enfant du pays, ses parents habitaient une ferme à proximité du cimetière militaire du Touret. « Exilée » à Condette, où elle exerçait son métier de pharmacienne tout en élevant ses enfants, elle est revenue et a fait construire sa maison avec son mari, en 1998. A leur arrivée, le grand terrain était complètement vierge de plantations, elle pouvait y projeter son rêve de jardin fleuri.
'Ghislaine de Féligonde'
Les massifs de roses anciennes y occupent désormais une place de choix mais il y a aussi un magnifique jardin de graminées, ouvert sur la campagne.



« Peut-être que cette passion est née lors de mon enfance ici même dans la commune, quand Albert le jardinier travaillant dans le cimetière anglais donnait régulièrement à mes parents des boutures de rosiers. J’ai vécu 25 ans à Condette, et de là, j’ai ramené 100 rosiers. »


Au milieu de la pelouse, de longues plates-bandes accueillent les plantations qui augmentent d'année en année. Pour créer ces massifs, point de labourage, juste les trous nécessaires. La jardinière étend un voile de forçage P17. Ce film non tissé en polypropylène est un voile perméable, habituellement utilisé en hivernage pour la protection contre le gel. Monique le camoufle de déchets de tonte et de paille. Elle a le souci de l’équilibre écologique et n’utilise pas d'herbicide.


'Bleu Magenta'


De part et d’autre de son « massif central », l’un des massifs les plus importants de roses, deux bancs en bois ont pris place, « l'un exposé à l’ombre, l’autre au soleil, suivant les goûts de chacun » permettant aux visiteurs de mieux se laisser imprégner de la beauté des lieux.
Le deuxième massif est un mélange harmonieux de graminées et de roses. Et le petit dernier porte le nom de sa petite fille Capucine, encore bébé : « J’ai planté un prunus en son honneur. »
« Les nuances de couleurs à partir du même pied sont extraordinaires, du rose pâle à l’état de bouton, les roses virent au mauve jusqu’au violet, surtout par temps humide. »


                                   'Ariane'                                                            'Belle Virginie'

'Chénédolé'



 'Alice Vena'

   'Marie Tudor'


'Lucille Duplessis'

Cette roseraie en formation s’enrichit de nouveaux rosiers galliques.  Chaque pied a son étiquette en zinc vieilli. « Ils sont tous différents. J’ai un petit faible pour 'Lustre d’église', qui selon moi porte bien son nom. Au moment de l’éclosion, les pétales s’ouvrent à la façon d’un chandelier portant des bougies-flammes ! »
rosier gallique 'Lustre d'Eglise'
Monique Farda nous apprend qu'elle jardine « dans son coin » et qu'elle ne fait pas partie d'une association d'amateurs de roses. En tout cas, elle partage publiquement sur FB des photos de ses plantes et de son jardin. Elle ne tient pas de blog, à ma connaissance.

 

Bravo pour cette belle initiative de passionnée !

Jardin de L'Obiau
250 rue de L'Obiau
D170
62136 LA COUTURE


Crédits photographiques :

Sources :
Propos échangés avec Martine Dablemont pour le journal local 'La Voix du Nord' en 2016, 2017, 2018