Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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jeudi 16 janvier 2020

Dans les Landes, le jardin de Marrast (40)




L'histoire d'une vie. Voilà comment pourrait être définie la relation qui unit Florent Harté au château de Marrast. Depuis maintenant 40 ans, il entretient et fait revivre cette majestueuse bâtisse et son jardin à la française, en pays d'Armagnac.

Tout commence en 1978, lorsqu'il achète le domaine, vétuste et abandonné, depuis de trop nombreuses années. Un travail considérable de rénovation l'attend. Le jardin est envahi de ronces.
Puis, nouveau coup du sort, les tempêtes successives dévastent complètement le jardin. " Il a fallu tout replanter en 2009, il ne restait plus que 3 ou 4 arbres", nous apprend Florent Harté. 

Désormais, des haies de charmilles structurent les chambres de verdure. Les parterres de roses sont ourlés de buis. Des statues illuminent les lieux de leur présence altière.

Au mois de juin, c'est un grand festival de couleurs. Les roses sont à leur apogée. Elles sont toutes regroupées ensemble dans un joyeux mélange multicolore.





Les bosquets d'hortensias, de rhododendrons, de bambous donnent l'apparence d'une nature opulente.

Une allée claire, gravillonnée, borde la façade ocre. Elle est ponctuée de palmiers de chine vertigineux. On peut se reposer dans un coin d'ombre.


Mais la Toscane semble toute proche. Des cyprès de Florence, alignés le long du bassin-ruisseau, accentuent le plan régulier du jardin et font flotter un parfum d'Italie.


Palmiers et Cycas revoluta apportent un goût d'exotisme.


Les tonnelles de glycine séparent les plans d'eau de la roseraie. 
En ligne de mire depuis le château, le pavillon marque le fond du jardin.

Puis, dans une tout autre ambiance, on découvre à l'écart du jardin fleuri, la Cour de la vénerie. L'ambiance est aussi exotique avec les palmiers et les citronniers.
Les bâtiments regroupent une grande grange et un gîte pour 6 personnes, de 120 m2. Cette maison d'hôtes hébergeait autrefois le piqueux de chasse du château (celui qui s'occupait de la meute de chiens). 
L'endroit paraît idéal pour allier vacances de charme et visite du jardin de Marrast.




LE JARDIN DE MARRAST

2277 avenue de l'océan - 40 270 Bordères et Lamensans


Sources :

dimanche 15 décembre 2019

Un nouveau livre sur les roses de "La Bonne Maison"

Odile Masquelier, grande amoureuse des roses anciennes, reprend la plume et nous concocte pour 2020 un nouveau livre, sous forme de chroniques manifestement. Je ne l'ai pas encore entre les mains puisqu'il est actuellement en pré-commande et sera disponible au début de l'année, le 8 janvier. 
Il s'agira a priori d'un petit guide de poche de 240 pages. J'espère qu'elle va nous raconter sa vie de jardinière et de rosomane, une vie déjà bien remplie, riche d'expériences. 
7,90 € - Editions Arthaud, 2020

Odile lève déjà un peu le voile : 
« Les rosiers grimpants ou sarmenteux, plantés au début sans plan établi, suivant mes trouvailles plutôt rares et laborieuses, devaient se fondre dans des camaïeux de couleur : crème, rose frais, jaune tendre, rose abricoté, avec un ou deux prune au milieu pour réveiller le tout. À plusieurs reprises, des erreurs d'étiquette ou un port trop raide m'obligèrent à en déménager. Ainsi "Alister Stella Gray" s'avéra au bout de deux ans n'être qu'un imposteur d'un jaune criard ; pire, il ne sentait rien. À l'automne suivant l'inconnu disparaissait. » 
Son éditeur poursuit : Découvrez une sélection des 800 variétés de roses cultivées dans le jardin de La Bonne Maison, en suivant les pas d'Odile Masquelier : grande spécialiste, elle nous entraîne à la découverte du paradis raffiné et inventif qu'elle leur a consacré, dressant plusieurs pergolas de roses aux couleurs tendres, mêlant les rosiers aux vivaces, faisant ployer de vieux fruitiers sous de gigantesques rosiers lianes... 

Ajoutons que le jardin de La Bonne Maison, situé sur les hauteurs de Lyon, est un grand jardin de 9500 m² comportant 65 arceaux qui croulent sous les roses. Caché derrière de hauts murs, il peut se visiter du 1er Mars aux gelées (sauf une pause estivale en Juillet-Août), tant sa richesse botanique retient l’intérêt du visiteur au fil des saisons.


Depuis 50 ans, « La Bonne Maison » (clin d’œil à la Malmaison de Joséphine) participe à la sauvegarde et à la recherche des roses anciennes. Elles éclosent dès Mars pour les botaniques. Les roses de Perse et de Chine fleurissent elles, jusqu'à l’hiver, quand les cynorrhodons continuent d’apporter leurs couleurs tout en nourrissant les oiseaux.
Les roses sont  entourées de « plantes compagnes » qui constituent de splendides collections de bulbes, iris, pivoines, hostas, hémérocalles, hydrangeas, arbustes à fleurs et à fruits…qui renouvellent l’espace au fil des saisons.
En attendant de lire ces nouvelles confidences, nous pouvons toujours nous replonger dans le très beau livre paru en 2001, où elle contait déjà la genèse de son jardin.
...et visionner les reportages :




La Bonne Maison 
Mme Odile Masquelier
101 chemin de Fontanières
69350 LA MULATIERE


Sources:
www.beauxjardinsetpotagers.fr/labonnemaison
www.labonnemaison.org

samedi 30 novembre 2019

Le jardin de fleurs médiéval

Dans quelle mesure la notion de jardin de fleurs pouvait être admise au début du Moyen Age ? En cette période d'invasions, de famine et de peste, rares devaient être les jardins ''de plaisance''. La destination première d'un jardin était d'ordre utilitaire.   
Même si le poète Fortunat a chanté au VIème siècle, le jardin parisien de la reine Ultrogothe, "émaillé de mille fleurs variées", en louant son "gazon verdoyant et les parfums des roses", il faut attendre le XIIIème siècle pour parler de manière sûre de jardins conçus pour le seul agrément. 
  • Le comte de Champagne et roi de Navarre, Thibault IV (1201-1253) cultivait Rosa gallica officinalis en son château de Provins. 
  • Le croisé Robert II d'Artois fit aménager de 1292 à 1299 un immense parc à Hesdin. Il s'y trouvait un jardin de roses entouré d'un mur avec tourelles.
  • Le roi Charles V se plut à agrandir et embellir ses vergers de l'Hôtel Saint-Paul à Paris, dès 1361. Ils formaient une longue suite de jardins ornés de plantes rares, où s'ébattait une véritable ménagerie (lions, sangliers...)
  • René, comte d'Anjou (1409-1480), roi de Naples et de Sicile, cultivait de la vigne Muscadelle, des roses et des œillets. En ses terres provençales (Aix, Tarascon, Marseille), il acclimatait l'olivier, l'amandier, le safran, le poivrier et le gingembre.
Le retour des croisades, l'ère des troubadours semblent marquer un renouveau. Les illustrations et le texte du Roman de la Rose (1230-1235) par Guillaume de Lorris, nous donnent à cet effet, de premiers détails sur les jardins de l'époque. Le narrateur du Roman de la Rose voit en rêve un jardin merveilleux, protégé par un mur carré. Une jeune femme lui présente ce jardin puis le fait entrer.
Le Roman de la Rose, enluminure vers 1350

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« Le maître de ces beaux jardins fit jadis venir de la terre des Sarrazins, ces plantes si florissantes [lui explique la jeune femme]. 
Puis j’entrai dans cette terre enchanteresse. Grande alors fut mon allégresse ! Je crus être, je vous le dis, dans le terrestre Paradis. 
Je m’engage alors à droite dans un sentier tout parfumé, semé de menthe et de fenouil. Ce verger couvrait un espace carré dont chaque immense face formait des angles réguliers. Toutes les espèces d’arbres fruitiers étaient présentes. 
De tous côtés, claires fontaines sans crapauds ni bêtes vilaines, coulaient sous le feuillage ombreux. Le gazon était si frais que l’on aurait pu y faire coucher son amoureuse. La terre était toute peinte et bariolée de fleurs de diverses couleurs aux délicieuses odeurs. »
Faut-il déduire de ce texte (modernisé) que des roses furent importées des terres du Proche-Orient ? Ainsi naît, en tout cas, la légende de l'origine de Rosa gallica officinalis, réputée être rapportée de croisade par Thibault IV, en 1240. Fait certain, les expéditions en Turquie, en Palestine, en Sicile, à Chypre, en Egypte, ont révélé l'existence de plantes jusque là inconnues en Occident. Les merveilleux jardins décrits par les poètes arabes ont suscité des vocations.
le Roman de la Rose

Durant le même siècle, l'italien Pietro de Crescenzi (1233-1320) entreprend 
la rédaction en latin d'un ouvrage sur l'Agriculture, en douze chapitres. Paru en 1304, il sera traduit en français sous le titre Livre des profits champêtres et ruraux. Le huitième chapitre est entièrement consacré aux « vergiers et choses délectables ». Les vergiers ou vergers désignent les jardins. L'auteur distingue trois types de vergers, selon l'espace qui leur est dévolu, en fonction aussi de la richesse et des moyens du propriétaire. 
  • le petit jardin "aux herbes" est calqué sur le jardin monastique et se concentre sur les herbes aromatiques.
  • le jardin pour "classes moyennes" (le pomarium) ressemble à un pré enclos, planté de fleurs et d'arbres fruitiers, pommiers, pruniers...
  • Le verger seigneurial ou princier est un vaste jardin "pour prendre du bon temps", ceint de hauts murs, orné de pièces d'eau et d'éléments architecturés parfois éphémères. Il est construit sur un endroit plat, non marécageux. Il est agrémenté de cages à oiseaux (rossignols, chardonnerets...).
L'historien Sauval rapporte que les jardins parisiens de l'hôtel Saint-Paul, du temps de Charles VI étaient immenses et entourés de murs élevés, afin que les daims ne puissent s'échapper. En 1398, le roi fit planter dans ces vergers du Champ-au-Plâtre, 300 gerbes de rosiers blancs et rouges, 300 oignons de lys, 300 iris, 100 pommiers, 115 poiriers, 150 pruniers, 375 vignes et... 1000 cerisiers. Chaque jardin avait un nom particulier, 'la ceriseraie, 'le grand préau'... Les arbres fruitiers tenaient une place considérable.


De fait, la structure du jardin seigneurial s'inspire du premier des jardins, le Jardin d'Eden dans lequel se trouvaient Adam et Eve. 
Originellement lieu de plaisir dans l’immanence de la contemplation divine, le jardin médiéval est donc marqué par une dualité : ayant pour but d'être un lieu d'agrément, sa composition doit faire oublier le travail qui s'y déroule, afin qu'il rappelle le paradis perdu. Les ornements sont sources de confort à la fois visuel et pratique.
le jardin de Déduit, 1496, par Robinet Testard

Le rappel de ces origines se dénote tout d'abord par une muraille. Elle est fonctionnelle puisqu’il s’agit de protéger l’espace de toutes sortes d’invasions (militaires, divagations du bétail ou incursions des animaux sauvages). Ces remparts sont aussi hautement symboliques.
Le jardin est fermé par un cloître représentant le mépris de soi-même, le mépris du monde, l'amour de son prochain et l'amour de Dieu. La clôture marque l'isolement face au monde, l'abri contre les tentations et le jardin rappelle donc le jardin d'Éden. 
Cette muraille sert aussi à repousser les vilains et les gueux du jardin et a donc un rôle social : seules les demeures seigneuriales deviennent le deuxième espace pour le développement du jardin.

le jardin d'agrément, Pierre de Crescens, vers 1480

Le mur est fait de plâtre et de pierres. Sa constitution dépend des matériaux disponibles localement ainsi que du niveaux d'aisance du propriétaire. Plus qu'une haie, il est signe de puissance sociale car il est plus onéreux à édifier. 
Le mur peut servir de support d'espaliers. En retenant la chaleur du soleil et en faisant obstacle au vent, le mur crée un abri profitable aux cultures.

Au sein du jardin, des clôtures en bois massif ou des treillages délimitent les espaces : les carrés de plantations ou le préau, endroit où l’on demeure assis. 

 


le Roman de la Rose

le Roman de la Rose

L'usage des 
treillis se développe à la fin du Moyen Age, pour devenir une constante à la Renaissance. Ils semblent avoir surtout servi à palisser les rosiers et la vigne. Ils sont réalisés en branchages entrecroisés. 


Le préau est également délimité par des banquettes de gazon. Il s'agit de structures de bois, de pierres ou de briques sur lesquelles est planté du gazon. Ces structures permettent de s'asseoir, de s'adosser et sont suffisamment solides pour marcher dessus. 
Le moine savant allemand, Albertus Magnus (1200-1280), contemporain de Crescenzi, recommandait dans son ouvrage De vegetabilibus, de " relever le terrain de manière à y former un siège verdoyant et fleuri, où l'on pourrait venir s'asseoir et se reposer doucement l'esprit. "

Le songe du vergier, 1452

vers 1465


Les berceaux de verdure forment souvent les seuls éléments architecturés des jardins : ils procurent ombre et fraîcheur, associés au plaisir du parfum des plantes grimpantes que l’on y attache : vigne, roses, chèvrefeuille, houblon… 
La fabrication de la structure, en branchages ou en osier, se fait en hiver. Au cours des siècles, le berceau va s’amplifier et devenir lieu de déambulation, de promenade. On voit alors apparaître la notion d’allée couverte.


Le centre des jardins est parfois occupé par une fontaine ronde ou hexagonale.
L'eau était un élément essentiel du jardin de plaisance pour le son et la fraîcheur ainsi que pour la symbolique de la fontaine de jouvence qui s'y rattache. Elle est un élément de luxe du jardin : en pierre ou dinanderie, les fontaines sont petites, précieuses, plus proches du mobilier que de l’architecture, parfois ornées de sculptures de têtes de lion ou autres animaux, ou de personnages. 


palissades, banquettes gazonnées en briques, fontaine et vasques de plantes

Quant aux fleurs cultivées, on a peu d'énumérations des plantes choisies pour leur seul plaisir. Les listes de plantes, dressées par Charlemagne dans son capitulaire de Villis (vers 800) et par l'abbesse Hildegarde de Bingen (vers 1150) nous renseignent cependant sur les espèces de fleurs à pouvoir décoratif : l'Iris germanica, le Lilium candidum, Aquilegia vulgaris, Dianthus caryophyllus, Bellis perennis, Vinca major, Paeonia officinalis, Gladiolus, Borago officinalis, Salvia sclarea, Malva moschata...
De son côté, Pietro de Crescenzi préconise de cultiver en premier lieu, les rosiers (sans conteste Rosa gallica et Rosa alba) et les violettes (Viola odorata).  Il précise que "les rosiers blancs font de très bonnes haies car ils ont de grosses branches et des épines fortes. On peut en faire des clôtures car les branches s'entremêlent et empêchent le passage." 
Crescenzi conseille également les herbes médicinales pour leur noble odeur mais aussi parce qu'elles "délectent la vue par la diversité des couleurs". Il encourage de planter la rue (Ruta graveolens) "en plusieurs lieux car elle est de belle verdure". On ne mettra pas d'arbre au milieu des "mottes" (massifs). 

Les illustrations d'époque (peintures, enluminures) nous donnent de précieuses indications sur la répartition et la nature des plantes au jardin. Autant les potagers semblent toujours cultivés en carrés surélevés ou non, autant les plantes ornementales paraissent pousser de manière plus libre : en pré carré fleuri, dans des enclos de pelouse...
La représentation idyllique du jardin du Paradis (ci-dessous) témoigne à elle seule de la diversité des espèces à disposition. On peut identifier la nivéole, le coucou jaune pâle, la véronique petit chêne, le lamier pourpre, la coquelourde, la violette, le muguet, la marguerite, la pâquerette, la pivoine rouge, l'iris bleu, la rose trémière, le fraisier, la pervenche, l'ancolie bleue, les silènes blanches et rouges, la moutarde jaune, le lys blanc, la rose rouge au pied du cerisier...
le jardin du paradis, vers 1410

Les fleurs sont cultivées en pleine terre, plus rarement
 dans des vasques. On les voit aussi dans des contenants circulaires de branchages tressés (plessis de saule ou d'osier). Les plantes étaient prélevées dans la nature alentour, puis repiquées au verger.
Le traité de médecine et d'agriculture, Tacuinum sanitatis, daté de 1445-1451, avec ses représentations de scènes de culture, s'avère aussi un précieux inventaire des plantes plébiscitées. 
culture de la sauge
in Tacuinum sanitatis

culture du Lilium candidum, le lys blanc,
in Tacuinum sanitatis

Au Moyen Age, la rose était certainement la fleur qui jouissait de la plus grande considération, à la fois pour sa valeur ornementale, ses vertus médicinales et son parfum.  
La propension de la rose a prendre des formes doubles (plusieurs rangées de pétales) sous l'action d'une culture soignée (fumure, arrosage) la désignait tout naturellement pour être la première fleur dont on chercha à produire des variétés cultivées. 
Madone aux roses, assise sur une banquette de fraisiers,
 vers 1420

C'est la fleur par excellence la plus représentée. Roses blanches et roses rouges étaient réunies. Rosa gallica, la rose rouge, était appelée la rose vermeille.
  
Les rosiers étaient traités en arbustes libres ou palissés sur des treillages, pour un effet décoratif de toute beauté. Les roses étaient cueillies pour tresser des couronnes ou pour faire de l'eau parfumée. 
Tacuinum sanitatis, 1445

culture de Rosa gallica officinalis et Rosa alba maxima

confection de couronnes de roses
 cueillette des pétales pour faire de l'eau de rose

Albertus Magnus (Albert le Grand) vantait lui aussi les mérites des fleurs 'destinées au plaisir des yeux et de l'odorat', dans son traité des végétaux, au chapitre De plantatione viridariorum :
La rose blanche de jardin [rosa alba maxima] est la plus belle des roses. Le rosier à fleurs blanches est un arbre dont le tronc atteint parfois la grosseur du bras d'un homme. Il est très ramifié, ses branches sont épaisses mais longues et faibles comme les tiges d'un buisson. Il n'a pas d'épines. Cependant, des rameaux en ont mais elles sont petites. Il donne de multiples roses blanches avec beaucoup de pétales. " 
La rose blanche cultivée [rosa alba maxima] dépasse souvent le nombre de 50 ou 60 pétales. " 
" La rose à fleurs purpurines [rosa gallica] a moins de pétales que la rose double blanche. " 
Le gazon sera d'une herbe fine, soigneusement sarclé et foulé aux pieds. Derrière le gazon, on plantera des fleurs telles que la violette, l'ancolie, le lis, l'iris et la rose, qui par leur diversité charment la vue et excitent l'admiration. "

Roman de la Rose
illustration vers 1460


Sources photographiques :
https://gallica.bnf.fr/roman-de-la-rose
https://gallica.bnf.fr/pietro-de-crescenzi
http://acces.ens-lyon.fr/le-jardin-medieval
https://www.photo.rmn.fr/

Bibliographie :
Albert LE GRAND, De vegetabilibus libri VII, page 445
J. DE GAULLE, Nouvelle histoire de Paris et ses environs, 1839
Charles JORET, La rose dans l'Antiquité et au Moyen Age, 1892
Centre d'études d'Aix, Vergers et jardins dans l'univers médiéval, 1990
Noël COULET, Jardins et jardiniers du roi René à Aix, 1990
Sabine VAN SPRANG et alii, L'empire de Flore, 1996
Marie-Thérèse HAUDEBOURG, Les jardins du Moyen Age, 2001
Marie-Thérèse GOUSSET, Eden, le jardin médiéval à travers l'enluminure, 2001
Nicole CHAMBON, Les fleurs et les oiseaux du Jardin du Paradis, 2010
Géraldine MOCELLINLe jardin médiéval entre Orient et Occident, 2014