Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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samedi 29 avril 2023

Escapade fleurie en Lubéron

village de Ménerbes (Vaucluse)

Cette fin avril fut un pur bonheur pour découvrir les villages du Lubéron, 
lorsque les touristes n'ont pas encore envahi la Provence. 
Je partage avec vous ces quelques vues, prises dans les cités suspendues de 
Lacoste, Lourmarin, Oppède-le-Vieux, Ménerbes et Lauris. 




Rosa banksiae 'Lutea'














                                                             village de Lacoste (Vaucluse)


Rosa banksiae 'Lutea'


village de Lourmarin



château de Lourmarin



domaine de Fontenille, à Lauris






Oppède-le-Vieux











jeudi 9 mars 2023

Rosa lacteola, la Rosa centifolia des romains

Depuis longtemps, les rosomanes cherchent à identifier qu'elle était la rose à cent feuilles des romains. Rappelons tout de suite que pour les anciens botanistes, les feuilles désignaient les pétales. Depuis l'antiquité, une rose, avec de nombreux pétales donc, force l'admiration mais qui est-elle ?

Selon le philosophe grec, Théophraste, les roses à cent feuilles étaient cultivées dans la plaine de Philippes, en Macédoine. Ces roses n'y croissaient pas naturellement. Les habitants en tiraient l'espèce du Mont Pangée, qui n'est pas très loin. Ils allaient chercher des rosiers sur les pentes de la montagne et les transplantaient chez eux. Ces fleurs avaient beaucoup de pétales mais étaient petites. Ces rosiers, cultivés dans les jardins, donnaient de plus belles roses. Elles avaient peu de parfum.

Pline, le naturaliste romain ajouta que ces roses appréciées mais peu odorantes étaient cultivées aussi dans la Campanie (région de Naples). Il précisa que suivant Cépion, qui vivait sous l'empire de Tibère, la rose à cent feuilles ne s'employait que pour la bordure des couronnes (et non pour le parfum).

Malheureusement, ces précisions de nature géographique nous donnent peu de renseignements sur l'apparence de la rose et surtout sur sa couleur. L'indication du parfum est toutefois une piste non négligeable. Il ne peut s'agir de Rosa damascena qui est très parfumée.

Il faudra attendre le Moyen âge pour en apprendre un peu plus sur cette fameuse rose à centfeuilles. Et c'est l'agronome andalou Ibn-al-Awam au XIIème siècle qui va nous éclairer. Dans son Livre de l'agriculture, il cite la rose double blanche dont le calice réunit plus de 100 pétales. Cent pétales, c'est beaucoup. L'hyperbole induit en fait une multitude de pétales en comparaison avec les autres roses. Mais, nous savons désormais qu'il s'agit d'une Rosa alba.

Viennent par la suite les premières illustrations de roses. Les peintures des maîtres italiens nous mettent sur la voie. Lorenzo Veneziano la peint au moins deux fois sur ses tableaux religieux, dont le somptueux "Vierge et l'enfant", conservé au Musée du Louvre.

Lorenzo Veneziano - 1372

La rose est blanche. Elle fourmille de pétales et laisse entrevoir un coeur rosé. Quelques décennies plus tard, Antonio Guarnerino l'illustre de façon similaire dans son Herbe pincte, en précisant qu'il s'agit d'une Rosa alba.

Antonio Guarnerino - 1441


Vittore Crivelli - 1490



En 1543, le moine italien Angelus Palea nous indique dans son In antidota que la rosa alba est appelée centifolia, en raison de la densité de ses pétales mais qu'à cause de la rugosité de ses épines, elle est comptée parmi les roses sauvages, plutôt que parmi les cultivées, car elle a la plus grande affinité avec les espèces de la "brousse".

Puis, en 1588, le botaniste allemand Joachim Camerarius lui donne un nom pour différencier cette rose des autres roses blanches (nos actuelles Rosa alba semi-plena et Rosa alba suaveolens). Dans son Hortus medicus et philosophicus, il la nomme rosa lacteola (rose laiteuse) et la décrit en latin : elegans rosa, non magna, foliis multis, dense stipatis (rose élégante, pas très grande, à pétales multiples, formée densément). Il confirme que c'est la rosa centifolia (rose à cent feuilles), décrite par Pline. Basilius Besler la représente en 1613 dans son herbier peint "Hortus eystettensis".

Basilius Besler - 1613

La fameuse rose à cent feuilles des jardiniers de l'Antiquité n'a donc aucun rapport avec notre Rosa centifolia actuelle, hybridation "moderne" due à d'habiles horticulteurs hollandais vers 1590. Dommage qu'elle ait perdu ce joli nom poétique, Rosa lacteola, on lui a préféré l'appellation Rosa alba maxima. Maxima faisant référence à un nombre maximum de pétales et non à la taille de la fleur qui est moyenne. 

Martin Schongauer - 1473
La vierge au buisson de roses (détail)

Sa beauté séduit les peintres depuis des siècles, elle est légèrement rosée en son centre. Elle ne contient pas cent pétales mais plutôt une soixantaine, comme l'avait précisé Albert le Grand au XIIIème siècle, dans son traité de sciences naturelles. Elle s'éclaircit à complet épanouissement jusqu'à devenir totalement blanche, comme du lait...

66 pétales pour un exemplaire de mon jardin


une rose magnifique, à floraison unique en mai




Rosa alba maxima
la rose à cent feuilles des Romains

jeudi 16 janvier 2020

Dans les Landes, le jardin de Marrast (40)




L'histoire d'une vie. Voilà comment pourrait être définie la relation qui unit Florent Harté au château de Marrast. Depuis maintenant 40 ans, il entretient et fait revivre cette majestueuse bâtisse et son jardin à la française, en pays d'Armagnac.

Tout commence en 1978, lorsqu'il achète le domaine, vétuste et abandonné, depuis de trop nombreuses années. Un travail considérable de rénovation l'attend. Le jardin est envahi de ronces.
Puis, nouveau coup du sort, les tempêtes successives dévastent complètement le jardin. " Il a fallu tout replanter en 2009, il ne restait plus que 3 ou 4 arbres", nous apprend Florent Harté. 

Désormais, des haies de charmilles structurent les chambres de verdure. Les parterres de roses sont ourlés de buis. Des statues illuminent les lieux de leur présence altière.

Au mois de juin, c'est un grand festival de couleurs. Les roses sont à leur apogée. Elles sont toutes regroupées ensemble dans un joyeux mélange multicolore.





Les bosquets d'hortensias, de rhododendrons, de bambous donnent l'apparence d'une nature opulente.

Une allée claire, gravillonnée, borde la façade ocre. Elle est ponctuée de palmiers de chine vertigineux. On peut se reposer dans un coin d'ombre.


Mais la Toscane semble toute proche. Des cyprès de Florence, alignés le long du bassin-ruisseau, accentuent le plan régulier du jardin et font flotter un parfum d'Italie.


Palmiers et Cycas revoluta apportent un goût d'exotisme.


Les tonnelles de glycine séparent les plans d'eau de la roseraie. 
En ligne de mire depuis le château, le pavillon marque le fond du jardin.

Puis, dans une tout autre ambiance, on découvre à l'écart du jardin fleuri, la Cour de la vénerie. L'ambiance est aussi exotique avec les palmiers et les citronniers.
Les bâtiments regroupent une grande grange et un gîte pour 6 personnes, de 120 m2. Cette maison d'hôtes hébergeait autrefois le piqueux de chasse du château (celui qui s'occupait de la meute de chiens). 
L'endroit paraît idéal pour allier vacances de charme et visite du jardin de Marrast.




LE JARDIN DE MARRAST

2277 avenue de l'océan - 40 270 Bordères et Lamensans


Sources :

dimanche 15 décembre 2019

Un nouveau livre sur les roses de "La Bonne Maison"

Odile Masquelier, grande amoureuse des roses anciennes, reprend la plume et nous concocte pour 2020 une refonte de son livre "Un jardin de roses anciennes", paru en 2001.
Il s'agira d'un petit guide de poche de 240 pages, malheureusement sans les images d'origine.
7,90 € - Editions Arthaud, 2020

Odile lève déjà un peu le voile : 
« Les rosiers grimpants ou sarmenteux, plantés au début sans plan établi, suivant mes trouvailles plutôt rares et laborieuses, devaient se fondre dans des camaïeux de couleur : crème, rose frais, jaune tendre, rose abricoté, avec un ou deux prune au milieu pour réveiller le tout. À plusieurs reprises, des erreurs d'étiquette ou un port trop raide m'obligèrent à en déménager. Ainsi "Alister Stella Gray" s'avéra au bout de deux ans n'être qu'un imposteur d'un jaune criard ; pire, il ne sentait rien. À l'automne suivant l'inconnu disparaissait. » 
Son éditeur poursuit : Découvrez une sélection des 800 variétés de roses cultivées dans le jardin de La Bonne Maison, en suivant les pas d'Odile Masquelier : grande spécialiste, elle nous entraîne à la découverte du paradis raffiné et inventif qu'elle leur a consacré, dressant plusieurs pergolas de roses aux couleurs tendres, mêlant les rosiers aux vivaces, faisant ployer de vieux fruitiers sous de gigantesques rosiers lianes... 

Ajoutons que le jardin de La Bonne Maison, situé sur les hauteurs de Lyon, est un grand jardin de 9500 m² comportant 65 arceaux qui croulent sous les roses. Caché derrière de hauts murs, il peut se visiter du 1er Mars aux gelées (sauf une pause estivale en Juillet-Août), tant sa richesse botanique retient l’intérêt du visiteur au fil des saisons.


Depuis 50 ans, « La Bonne Maison » (clin d’œil à la Malmaison de Joséphine) participe à la sauvegarde et à la recherche des roses anciennes. Elles éclosent dès Mars pour les botaniques. Les roses de Perse et de Chine fleurissent elles, jusqu'à l’hiver, quand les cynorrhodons continuent d’apporter leurs couleurs tout en nourrissant les oiseaux.
Les roses sont  entourées de « plantes compagnes » qui constituent de splendides collections de bulbes, iris, pivoines, hostas, hémérocalles, hydrangeas, arbustes à fleurs et à fruits…qui renouvellent l’espace au fil des saisons.
En attendant de lire ces nouvelles confidences, nous pouvons toujours nous replonger dans le très beau livre paru en 2001, où elle contait déjà la genèse de son jardin.
...et visionner les reportages :




La Bonne Maison 
Mme Odile Masquelier
101 chemin de Fontanières
69350 LA MULATIERE


Sources:
www.beauxjardinsetpotagers.fr/labonnemaison
www.labonnemaison.org