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vendredi 21 mars 2014

L'Evêque

ou Belle Evêque, le Rosier Evêque, la Rose Evêque. Certainement une obtention des Pays-Bas.

Ce rosier gallique est mentionné dès 1790, dans le catalogue du sieur François, jardinier du Roi à Paris, qui importait des roses hollandaises.

Le pépiniériste Guerrapain nous livre des indications très précieuses en 1811 :
" L'Evêque a le bois et le feuillage des Provins mais cette rose est plus tardive à la floraison ; elle a au moins deux pouces de diamètre, très double. Les pétales, d'un beau pourpre velouté, sont d'une belle forme. Elle a une odeur douce. "
Il s'agit peut-être de la rose évêque de Malines (la ville de Mechelen, dans l'actuelle Belgique), citée dans le catalogue de vente des rosiers de M. Van Cassel, en 1813.

Le sieur Audibert, marchand grainetier à Tonelle (Bouches-du-Rhône) le propose aussi dans son catalogue de 1817, sous le nom belle Evêque et la version latine rosa gallica purpureo violacea magna.

En 1818, Pronville la dépeint comme une très belle variété aux fleurs grandes, doubles, de couleur violette un peu striée, piquetée quelquefois de petits points blancs. Mais il lui associe le nom anglais Bishops (sic) avec la traduction "rose évêque".

En 1821, le botaniste Thory en donne une longue description :
" Très belle variété aux tiges un peu rougeâtres, armés d'aiguillons recourbés.... Les fleurs, légèrement odorantes, sont d'un beau pourpre violet.... "
Redouté l'illustre d'une aquarelle dans leur célèbre recueil sur les roses :



Ce gallique semble en tout cas différent du centifolia The Bishop (malgré la traduction littérale anglaise) auquel il est souvent associé.

Voici l'exemplaire que j'ai au jardin et qui est vendu par nombre de rosiéristes. Un bel arbuste rond au feuillage fin et touffu, très sain, d'aspect hybridé de Chine. On note au premier regard que boutons, pédoncules et feuillage ne correspondent pas aux descriptions botaniques d'époque. Il ne s'agit sans doute pas du rosier historique. Une très belle rose tout de même.



Et voilà l'exemplaire conservé à la roseraie de L'Haÿ-les-Roses :





Sources :
  • GUERRAPAIN, Almanach des roses dédié aux dames, Troyes, 1811.
  • Catalogue de la très riche collection de rosiers chez M. Van Cassel " - Gand, 1813.
  • Catalogue des végétaux de tous genres cultivés dans les jardins et pépinières du Sieur Audibert, Tarascon, 1817.
  • REDOUTE / THORY, Les roses, tome 1, Paris, 1817
  • DE PRONVILLE, Nomenclature raisonnée des espèces, variétés et sous-variétés du genre rosier, Paris, 1818. 
  • REDOUTE / THORY, Les roses, tome 2, Paris, 1821

3 commentaires:

  1. je n'ai pas ce rosier dans mon jardin mais le descriptif que tu nous offres incite à l’accueillir.Très beau son coloris.
    belle soirée jocelyne

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    1. J'ai vécu à Provins. La chambre de mes parents était située devant un massif de rosiers de Provins. Depuis nous conservons mes sœurs et moi des rosiers de Provins et j'ai la chance d'avoir un rosier pourpre Évêque. Quel parfum, quelle belle couleur ...

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  2. Bonsoir Alix. J'atterris,ravi,sur votre site (déjà quelle enchanteresse photo que celle en bandeau!)par le biais de ma prédominante "perversion" :les livres,surtout beaux,pertinents et peu communs (je sais, il faut être un peu psychotique pour quasi privilégier la représentation livresque de la nature;mais elle a une vertu:le témoignage,durable sinon immuable, du passé,parfois disparu.)Or donc,je tente de trouver un livre qui me manque: l'Almanach des Roses de Guerrapain et ....je chois dans les pétales parfumées de votre Rose Evêque,dûment décrite par le Sieur G. en 1811,que vous citez en parfaite connaissance!(érudite,l'abeille!) Sauriez-vous comment (plutôt où) le trouver? Quoiqu'il en soit,merci pour votre site (et votre jardin!) aussi enchanteur qu'érudit;j'y reviendrai + à loisir et vous souhaite autant de joies que de pétales dans une brassée de centifolium... Amaury, mail: Arion69@gmx.fr

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