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dimanche 5 novembre 2017

Hubert Robert, peintre paysagiste du siècle des Lumières

Conservateur au musée du Louvre, Hubert ROBERT (1733-1808) était un peintre d'architectures paysagères. L'insigne musée parisien lui a justement consacré une exposition en 2016. En 1777, l'artiste fut nommé dessinateur des jardins du roi. Il aménagea certaines parties des résidences royales comme le hameau de la reine à Trianon, la laiterie de Rambouillet et le bosquet des bains d'Apollon à Versailles.

Cette année, c'est ce talent méconnu du peintre en tant que concepteur de jardins paysagers, qui est mis à l'honneur au château de La Roche-Guyon, dans le Val d'Oise effleurant la Normandie. 
Hubert ROBERT travailla pour Louis XVI et séduisit les châtelains aristocrates, épris de son style pittoresque : le marquis de Laborde pour son château de Méréville, le prince de Beauveau à Saint-Germain-en-Laye, la princesse de Monaco à Betz (Oise)...
A La Roche-Guyon, Robert conseilla la duchesse d'Enville et embellit les lieux d'un donjon, d'une cascade et de grottes. S'inspirant de ce fait historique,  le château de la Roche-Guyon a souhaité apporter un regard nouveau sur l'oeuvre du peintre. Cette nouvelle exposition, présentée jusqu'au 26 novembre 2017, se concentre donc sur sa "fabrique" des jardins et rassemble environ 80 peintures, dessins, gravures, répartis dans les salons et boudoirs du château. 

le bosquet des bains d'Apollon, créé par Hubert ROBERT entre 1778-1781, au château de Versailles


Vue du château de Mme d'Enville, à La Roche-Guyon

donjon au château de La Roche-Guyon

le jardin anglais à La Roche-Guyon, photos Danielle Birck

On découvre que Hubert ROBERT était féru de ruines et de monuments antiques et aimait peindre et concevoir des jardins théâtralisés de temples, escaliers grandioses, ponts, obélisques, colonnades...
Le bassin aux baigneuses, 1777-1784


Jeune femme près du Temple de l'amour (Petit Trianon), 1785

Sa conception d'un jardin intégrait systématiquement la construction des fameuses "fabriques", d'où le jeu de mot avec le titre de l'expo. Les fabriques étaient des monuments pastiches, inspirés de l'antiquité, à vocation ornementale. Prenant les formes les plus diverses, voire extravagantes, elles servaient à ponctuer le parcours du promeneur dans un parc et invitaient au rêve de voyage et d'exotisme.
Jardin d'une villa italienne,1764

Le souvenir de l'artiste des sites italiens qu'il avaient visités s'avère vivace. Hubert ROBERT ne s'en départit d'ailleurs jamais. Ses dessins griffonnés dans les jardins des villas romaines n'ont eu de cesse de stimuler son imagination. 
La terrasse de Marly, ca 1780
Aux jardins réguliers à la française, Robert préfère les scènes de collines ondoyantes, les ruisseaux enjambés de pont de pierre ou de bois. Les allées rectilignes sont effacées au profit de belvédères surplombant la nature ou une fontaine, de chemins sinueux entre des arbres majestueux. Le peintre paysagiste vouait une passion pour les peupliers. Les parcs ainsi conçus dans un esprit romanesque devaient ménager sans cesse des surprises.
L'époque voit fleurir un nouveau style de jardin, dit à l'anglaise. Le premier parc de ce style en France naquit à Ermenonville (Oise). Le marquis de Girardin fit venir spécialement deux cents ouvriers anglais et engagea Hubert ROBERT comme conseiller artistique. Le jardin fut achevé en 1776.
Fête dans le parc d'Ermenonville 

Robert fut en même temps chargé par le marquis Anne Pierre de Montesquiou-Fezensac de créer un jardin anglais sur le domaine de Mauperthuis (en Seine-et-Marne). 
la pyramide à Mauperthuis

intérieur de la grotte-pyramide

Lavandières dans un parc, 1775

Malheureusement, peu de ses réalisations paysagères sont encore visibles aujourd'hui. Signalons tout de même aussi le parc du château de Méréville. Ce domaine est à nouveau ouvert aux visites depuis cette année. Classé monument historique, l'ensemble est devenu propriété du département de l'Essonne qui a engagé une réhabilitation d'envergure des jardins. Planté d'une grande variété d'espèces botaniques, le parc compte plusieurs fabriques et grottes artificielles.
Vue du parc de Méréville


l'arche du pont de roches, à Méréville

grotte artificielle, à Méréville

Cet article ne serait pas complet si je ne vous citais pas le livre de Jean de Cayeux, paru en 1987, mine d'informations supplémentaires sur Hubert ROBERT, paysagiste jusqu'au bout du pinceau.

6 commentaires:

  1. Merci pour ce bel article et toutes ces illustrations, j'aime l'art et l'histoire et je suis ravie de trouver ici régulièrement de tels articles!...le livre présenté à la fin à l'air passionnant, peut-être un jour je le trouverais chez un bouquiniste! (il y a quelques mois j'ai trouvé une pépite aux Emmaüs: "Parc et jardins sous le premier empire" de Marie-blanche d'Arneville)

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    1. Nous avons les mêmes centres d'intérêt. Tu as fait une belle trouvaille chez Emmaüs. Je chine aussi des bouquins d'art ou sur les jardins. C'est rare d'en trouver en brocante, j'achète beaucoup sur le net des ouvrages d'occasion, désormais introuvables en librairie.
      A bientôt Stéphanie

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  2. Encore un post passionnant que l'on te doit Alix ! Je me demande ce que je préfère chez ce Hubert Robert, le peintre ou l'architecte paysager !Par contre je sais ce que j'aime le moins, la création de grottes artificielles ! Mais les scènes champêtres m'enchantent, telles celle de la jeune femme au Temple de l'Amour ou celles du parc de Méréville. Aaaaah cette photo de l'arche du pont de roches me fait rêver tout comme le jardin à l'anglaise de la Roche-Guyon. Deux magnifiques lieux à découvrir.J'ai déniché aussi en bouquinerie un ouvrage très intéressant, un journal sur un jardinier et botaniste écossais Thomas Blaikie (1750-1838) qui m'en apprend beaucoup tant sur la quête des plantes que sur l'aménagement des jardins à cette époque c hez les aristocrates Français. Passionnant aussi.Mais je cherche toujours les correspondances entre Christopher Lloyd et Beth Chatto. Un grand merci Alix. Belle semaine.

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    1. De mon côté, je préfère sans hésitation ses peintures ! J'ai sélectionné pour rédiger cet exposé, ses oeuvres les plus représentatives de jardins mais Hubert Robert a peint aussi beaucoup de sites en ruines imaginaires.
      J'aime bien les fabriques mais pas les rocailles. Le bain d'Apollon est très rococo !
      Bises Maryline

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  3. Encore un post très documenté .Je suis impressionnée.J'avais vu effectivement que le château de Méréville réouvrait à la visite .Je ne suis pas fan de ce genre de jardins mais j'admire toutefois la conception représentative de son époque . Merci pour ce voyage Alix !Bises et belle semaine à toi.

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    1. J'aime bien les jardins avec des fabriques style monuments antiques mais pas avec des grottes qui sont trop factices, voire lugubres.
      Un belvédère dans le parc d'un château, c'est chic et joli, non ?!
      Bonne soirée à toi

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