Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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dimanche 14 avril 2019

Abraham Darby

Hybride de thé obtenu par David Austin, en 1985
Qui mieux que son créateur peut nous décrire cette ravissante rose, aux effluves remarquables.

Pour accompagner mes photos, je retranscris donc les mots du célèbre rosiériste britannique, qui savait si bien parler de ses roses, en toute honnêteté, sans faire l'impasse sur leurs points faibles.

Abraham Darby est une variété unique chez les roses anglaises car elle a des rosiers modernes parmi ses parents.

C'est le croisement du grimpant moderne 'Aloha' (Boerner, 1949) et d'un floribunda jaune 'Yellow Cushion' (Armstrong, 1966) dont les parents portent des fleurs de type ancien caractéristique.

Les fleurs d'Abraham Darby sont également de forme ancienne typique, légèrement teintées cependant de l'empreinte des rosiers modernes.
Ses jolies roses en coupe sont abricot cuivré, avec les pétales extérieurs plus rosés. 


Abraham Darby forme un buisson dense, très arrondi, de 150 cm de hauteur, couvert de fleurs en pleine saison ; le feuillage abondant est luisant.
Pour un rosier aux si grosses fleurs, il remonte avec une régularité remarquable. Très vigoureux, il peut se révéler parfois sensible à la rouille.
En raison de sa taille et de sa couleur, la rose est parfaite au centre d'un bouquet.
Son odeur est puissante. Elle dégage un parfum prononcé, fruité avec une acidité rafraîchissante.
Abraham Darby a été nommé ainsi en mémoire d'un des grands initiateurs de la révolution industrielle, au profit du Ironbridge Museum Trust.
J'ajoute juste que les branches sont assez alanguies. Les roses sont lourdes et font plier les tiges. Quelques tuteurs fins de bambou permettent de redresser les nonchalantes.
Vu sa souplesse, Abraham Darby pourrait être guidé en grimpant, comme de nombreux rosiers anglais.  

Bibliographie : David Austin, Les roses anglaises, édition Bordas, 1995

samedi 6 avril 2019

Dans le Perche, les jardins du Montperthuis (61)


Philippe Dubreuil, l'heureux propriétaire de ce beau domaine, croule sous les récompenses. Après avoir reçu un trophée d'excellence au Prix Bonpland, il a été couronné également du 1er prix au concours national des jardins potagers en 2014.


Le paysagiste parisien a eu le coup de cœur pour ce vaste ensemble de bâtiments percherons. Le domaine de 4 hectares, quasiment vierge de plantations, était un terrain parfait pour laisser libre cours à son art.





Le manoir du XVème siècle et ses dépendances ont été restaurés à partir de 2010 et les jardins du Montperthuis sont sortis de terre. Superbe ensemble ! 
On y trouve désormais un verger conservatoire de pommiers anciens, un potager, une collection d'arbres : tilleuls, chênes, magnolias, prunus et plus de 300 rosiers anciens et botaniques. 




Les jardins se visitent et cerise sur le gâteau, des expositions d'art sont organisées dans les anciens bâtiments agricoles. Sculptures ou peintures apportent un souffle contemporain au milieu des végétaux.






















Les Jardins du Montperthuis
Manoir de la Pillardière
61360 CHEMILLI

samedi 30 mars 2019

Comme des roses avant l'heure...

Un beau soleil brille sur le jardin mais les floraisons se font attendre. J'admire juste les iris et les tulipes de mes voisins. Le printemps donne des ailes et des envies de couleurs...
Un passage en jardinerie et hop, j'emporte sous mon aile bras, cet adorable cognassier du Japon. En voilà une idée ! 
Chaenomeles speciosa 'Falconnet charlet'

Pour patienter avant l'arrivée des premières corolles, pourquoi ne pas installer cet arbuste décoratif dont les fleurs rappellent si bien les roses ? Il appartient d'ailleurs à la même famille botanique, celle des rosacées.
J'ai fait l'essai l'an dernier et cela a été très concluant. Les cognassiers du Japon s'épanouissent tôt, ici fin février et la floraison dure longtemps. Ils s'harmonisent parfaitement avec les clématites armandii blanches, en fleurs aussi actuellement.

Chaenomeles speciosa umbilicata

Au jardin pousse donc déjà Chaenomeles speciosa umbilicata. Il a des fleurs simples rose foncé. 
Je l'ai planté au milieu de rosiers. C'est osé car cet arbuste peut devenir imposant et large. Tant pis, je prends le risque. Il a une croissance faible et s'est même très peu développé en un an. Je vais le surveiller et le taillerai en buisson avec une forme colonnaire. Il paraît qu'on peut les "bonzaïfier" et les cultiver en pot.
Chaenomeles speciosa 'Falconnet charlet'

Nouvelle plantation donc, avec cette sélection à fleurs saumon. Les images du net me donne la chair de poule quand je vois le gabarit de l'arbuste à taille adulte. Mais je ne suis plus à un challenge près au jardin ! Je l'ai coincé en fond de massif, entre deux rosiers grimpants, traités en arbustes. Ils conserveront la même taille.



Chaenomeles x superba 'Coral sea'

Ces couleurs douces donnent envie d'essayer d'autres variétés. On rencontre fréquemment les cultivars aux fleurs plutôt rouges dont l'espèce type Chaenomeles japonica, alors qu'il existe des spécimens rose pâle, rose pêche et même blancs, d'origine chinoise. 



Comme les rosiers, certains ont les fleurs simples (5 pétales), style églantines. D'autres produisent des corolles semi-doubles (15 pétales), qui éclosent par petites boules groupées le long des branches, plus ou moins épineuses.
La floraison débute en fin d'hiver, avant l'apparition des feuilles puis suivent des fruits vert jaune, semblables à des coings miniatures, comestibles cuits. 



Chaenomeles speciosa 'Cameo'

Parfaitement rustiques, les cognassiers du Japon ont tendance à émettre de nombreux rejets. Les sols lourds et fertiles ne sont pas pour leur déplaire mais ils n'apprécient pas les terres très calcaires. Ils se plaisent en plein soleil en gardant le pied au frais. Leur hauteur adulte avoisine 1,80 m.

Chaenomeles speciosa 'Nivalis'



Chaenomeles speciosa 'Geisha girl'


Speciosa signifie superbe en latin. Ils le méritent bien, non ?!

mardi 19 mars 2019

Comment bien nourrir ses rosiers ?

La saison démarre ! Vous avez sans doute déjà tous taillé vos rosiers. Ici, c'est fait depuis belle lurette car chaque année, le sécateur me démange et je suis incapable d'attendre février pour couper.
La taille est la tâche au jardin que je préfère. Alors dès décembre, j'inspecte chaque rosier un à un et chacun prend une forme nette et toute propre pour l'hiver. Je vois 2 avantages à cette coupe précoce (à réserver aux régions à hivers peu rigoureux) :
  1. je jardine quand le temps est encore clément ( janvier et février sont les mois les plus froids et je sors peu au jardin) 
  2. j'accélère la période de floraison car taille hâtive = floraison précoce.
Désormais, le temps est venu de nourrir les rosiers qui débourrent à vive allure, sous ce soleil printanier. 
J'ai sorti l'arsenal indispensable pour nourrir ma collection de roses. Tout d'abord, du fumier de cheval. Je l'achète prêt à l'emploi, déjà bien composté. Ce serait intéressant de contacter un propriétaire de chevaux pour récupérer du fumier de ferme mais il faut pouvoir le stocker. Ce qui m'est impossible.
Deuxième ingrédient au menu : de l'engrais minéral en granulés. Cette année, j'ai opté pour un gros sac d'engrais universel. Le dosage NPK n'est pas parfait pour des rosiers (voir mon article à ce sujet ici) mais il est élevé. Et surtout, le sac offre une grande contenance ; c'est plus économique que d'acheter plein de petits paquets.
C'est parti pour un épandage d'engrais au pied de chaque rosier. 
Je verse une poignée de granulés par sujet. La couleur bleu pétant évite d'en oublier un !

Puis vient la seconde opération : ajouter le fumier de cheval.
Je ne griffe pas la terre auparavant pour enfouir les granulés. Je répartis directement sur les petites billes bleues, 3 poignées de fumier. Pour les réfractaires au crottin de cheval, sachez que cette belle substance moelleuse, digne d'un gâteau au chocolat, n'a pas d'odeur nauséabonde. Une odeur de campagne discrète.
Le fumier de cheval est conseillé pour les sols lourds et argileux (cas de mon jardin). On peut utiliser aussi une autre fumure organique : fumier de bovin, pour les terres légères ou fumier de mouton, pour les terres lourdes. Dans tous les cas, le fumier doit être mûr, c'est-à-dire bien décomposé, pour ne pas brûler les plantes à son contact.
On peut remplacer le fumier composté (origine animale et végétale) par du compost domestique (origine végétale). Mais ce dernier, quoique écologique et gratuit, contient moins d'éléments fertilisants. Dans les deux cas, fumier et compost ne sont pas considérés comme des engrais (car trop faibles valeurs NPK) mais comme des amendements. Ils apportent l'humus indispensable à la vie du sol et contribuent à améliorer sa structure. L'objectif est de nourrir aussi la terre pour maintenir sa fertilité.   
Le repas est terminé. Les giboulées de mars sont maintenant attendues avec impatience. La pluie va désintégrer ce cocktail nourrissant. Les principes actifs vont pénétrer dans la terre jusqu'aux racines.
mais grande question : faut-il répéter cette action de fertilisation ? 
Le sol n'est-il pas prêt, avec cet engraissage de masse, à affronter la belle saison ? Personnellement, je ne renouvelle pas l'opération en été. Il y aurait surdosage. Les plantes se débrouillent seules par la suite. Elles ont surtout besoin d'eau pour refleurir.
Cas particulier : les rosiers chétifs qui peinent en cours de route. Alors là, j'ai l'arme secrète.
 


Pour les rosiers paresseux qui ne donnent pas satisfaction en termes de feuillage ou qui sont trop fluets, pas assez branchus, je donne une ration de sang séché
Il s'agit d'un engrais 'coup de fouet' à appliquer en cours de végétation. Il stimule la croissance de nouvelles tiges et provoque un développement plus massif du feuillage. Cette poudre d'origine animale est riche en azote et sa diffusion souterraine est rapide. On l'épand aussi au pied des rosiers.
Il ne faut pas confondre son action avec celle de la corne broyée, qui elle est un fertilisant de fond. 








La corne broyée s'emploie à la plantation des rosiers. 
C'est aussi en engrais riche en azote organique mais il est incorporé lors de la préparation du sol.
Il suffit d'en verser une poignée dans le trou de plantation et de la mélanger avec  la terre extraite.
Cet engrais à libération progressive va enrichir le sol en accompagnant la croissance du rosier.



Bon jardinage à tous