Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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mardi 25 novembre 2025

Rosa alba 'Suaveolens'

Fleur blanc laiteux crémeux, grande et double, devenant blanc pur à parfait épanouissement. 
La fleur a plus de pétales que celle de Rosa x alba 'semi-plena'. 







Comparatif avec Rosa x alba 'Maxima'

en haut : une fleur de Rosa x alba 'Suaveolens'

en bas : deux fleurs de Rosa x alba 'Maxima'
 

Les boutons de Rosa x alba 'Suaveolens' sont jaune orangé, ceux de Rosa x alba 'Maxima' sont rosés. 


mercredi 25 octobre 2023

Jeanne d'Arc

 Rosier alba obtenu par Jean-Pierre Vibert, en 1818. Non remontant. 

Description en 1829 :

Les branches sont armées de forts aiguillons à pointe très courbée, avec quelques soies à la base des rameaux. 

Les pédoncules sont hispides et les ovaires oval-pyriformes. 

La fleur, de taille moyenne, est très pleine et globuleuse. Lorsqu'elle s'épanouit, elle est carnée au centre, mais devient toujours blanche après son parfait développement. 














Bibliographie :
"Catalogue descriptif, méthodique et raisonné des Espèces, Variétés et Sous-Variétés du Genre Rosier, cultivées chez Prévost fils, Pépiniériste à Rouen", 1829

lundi 2 octobre 2023

A Laval (53) : la roseraie publique de La Perrine

Le jardin de la Perrine couvre 4,5 hectares, en plein cœur de la ville de Laval, à flanc de colline, juste à côté du Vieux château. C'est un espace avec une vocation botanique, comportant des arbres remarquables avec environ 65 espèces, des camélias en fleurs au mois d’avril et des rosiers anciens et modernes. Le jardin surplombe la Mayenne qui coule en contrebas. 





La roseraie a été créée en 1920 par Jules Denier, elle est le symbole de l'héritage du jardin à la française. 1388 rosiers et 170 variétés différentes y sont plantés, dont la rose gallique "Ambroise Paré", en hommage à l'illustre chirurgien local. 

Ambroise Paré (Vibert, 1846)

La libération de nouveaux espaces a permis d’agrandir la roseraie. Dans un esprit de symétrie avec l’entrée, des rosiers galliques ont été plantés auxquels ont été ajoutés des bulbes et des vivaces. 





« Les rosiers sont répartis par groupes, les galliques, les hybrides, les lianes et les plus récents, les albas », explique Thierry Théot, responsable du Jardin de la Perrine depuis 2010. Les lianes grimpent sur des pergolas en bois.




Le groupe de roses anciennes Rosa alba constitue une collection qui s’agrandit d’année en année. 
« C’est dommage d’avoir une roseraie comme la vôtre et de ne pas avoir une vraie collection. » 
Il a suffi que François Joyaux, historien et collectionneur de roses anciennes, partage cette réflexion avec Thierry Théot, pour que Rosa alba devienne l’objet de toutes ses attentions. C’est à la faveur d’une rencontre avec ce spécialiste que le projet d'une collection est né. 

« J’avais fait étape chez François Joyaux à Commer, en 2014. Ce collectionneur est référent national pour la Rosa gallica, dont il possède toutes les variétés. J’étais allé le voir pour ça. C’est lui qui m’a présenté la Rosa alba », relate le responsable du parc. Ce rosier, connu depuis le Moyen Âge, compte entre 28 et 32 obtentions anciennes (du XIXème siècle). 

« Depuis quelques années, le projet est de compléter avec des variétés trouvées chez les pépiniéristes et collectionneurs. J'ai eu envie d'améliorer la roseraie ». 
Chloris

Mme Legras de Saint-Germain

Reine du Danemark

Cuisse de nymphe

Les variétés, fournies pour certaines par le rosiériste André Ève, sont regroupées en plate-bandes, au milieu du gazon. Les visiteurs peuvent les admirer dans un espace dédié. 
« Une troisième bande a été créée pour accueillir une quinzaine d’autres variétés fournies par la pépinière angevine Loubert », annonce Thierry Théot.
Rosa alba semi-plena

la collection de rosiers alba


Une fois la collection complète, il restera à améliorer la signalétique plutôt rudimentaire avec le seul nom de la rose. « L’idéal serait d’aller plus loin et de proposer une description », suggère Thierry Théot. Depuis, son équipe et lui ont planté près de 35 variétés de rosiers alba. Il ajoute :
« Mon objectif, ce serait d’avoir les 50 sortes qui existent à ce jour, pour que l’on devienne collection nationale. Ce serait une belle reconnaissance ». 


Sources : https://www.beauxjardinsetpotagers.fr/La Perrine

https://www.photographies/Bernard.Blanc

https://www.ouest-france.fr/rendez-vous-aux-jardins-la-roseraie-de-laval

articles Ouest-France 13/06/2019, 03/06/2021, 03/06/2023

vendredi 11 août 2023

Rosa alba maxima

Rosier alba, une seule floraison en mai dans le Sud ou en juin pour les régions du Nord. 

Dans de bonnes conditions de culture, ces fleurs sont très doubles avec toujours une trace de chamois au coeur. Les boutons sont rose pâle. Les pieds jeunes et en sol médiocre offrent des fleurs plus simples, se rapprochant de Rosa alba suaveolens. Dans tous les cas, les corolles deviennent blanc rosé en s'ouvrant. Elles sont délicatement parfumées.

L'arbuste a des tiges lisses, pratiquement sans aiguillons. Il mérite d'être soutenu ou palissé car ses branches sont pendantes dans sa jeunesse. Sans élagage, il forme un gros et grand arbuste à maturité. 

Description en 1829 :

Alba Maxima, multiplex. Arbuste vigoureux, formant un buisson très élevé.  

Fleur grande, multiple, blanche; un peu nankin au centre, avant le parfait épanouissement. Pétales larges. Sépales foliacées. 








comparaison entre
Rosa alba suaveolens / Rosa alba maxima

en haut Rosa alba suaveolens
en bas 2 roses Rosa alba maxima


Bibliographie :
"Catalogue descriptif, méthodique et raisonné des Espèces, Variétés et Sous-Variétés du Genre Rosier, cultivées chez Prévost fils, Pépiniériste à Rouen", 1829

jeudi 8 juin 2023

Cuisse de nymphe émue

ou rosa alba incarnata 

Rosier considéré comme un rosier alba dans la nomenclature actuelle, mais qui a été classé parfois en Damas (cf. Dumont de Courset), ou simplement en sous-espèce de gallique (cf. Jules Gravereaux). En voici les mentions dans les textes anciens :
  • rosa incarnata - the carnation rose (Parkinson, 1629)
  • rosa incarnata - the blush rose (Rea, 1665)
  • rosa incarnata - the blush rose (Miller, 1732)
  • rosa incarnata - the blush rose = Maiden-blush (Miller, 1754)
  • Maiden's blush rose (Weston, 1770)
  • rosier incarnat (Guillemeau, 1800)
  • rosa alba rubicunda plena- die Jungfrau Rose (Roessig, 1801) [figure]
  • rosa truncata virginalis - la rose des demoiselles (Bertuch, 1802)
  • rosier incarné = rosa virginalis (Sedy, 1810)
  • Nymphe émue (Guerrapain, 1811)
  • damascena carnea virginalis (Guerrapain, 1811)
  • rosa virginalis = rosa incarnata Miller (Dumont de Courset, 1811)
  • rosa virginalis (Van Cassel, 1813)
  • Cuisse de nymphe émue (Mordant de Launay, 1813)
  • rosa virginalis Ait. = rosa incarnata Mill. = rosier virginal (Audibert, 1817)
  • rosa alba incarnata, cuisse de nymphe émue (Redouté, 1817)
  • Cuisse de nymphe émue - rosa alba incarnata (Thory, 1820)


Ce rosier ancien est désormais identifié comme étant rosa incarnata. Mais à ma connaissance, il n'est pas commercialisé sous cette appellation en France. Est-il toujours conservé à la Roseraie de L'Haÿ-les-Roses ? Ce conservatoire des roses anciennes, près de Paris, le possédait pourtant début 1900 mais il semble disparu. A moins qu'il ne soit cultivé sous un autre nom.

Rosa alba incarnata fait figure de rose historique et a longtemps été assimilé au rosier actuel Cuisse de nymphe (Great Maiden's blush). Charlotte Testu, dans son ouvrage sur les roses botaniques, avait bien marqué la différence. En revanche, François Joyaux, ne le connaissant pas, l'a confondu avec Great Maiden's blush. Les rosiéristes ont malheureusement suivi cette voie. 

Les rosiers Cuisse de nymphe émue, qui sont vendus en France, sont souvent, en réalité, la variété Félicité Parmentier. L'erreur provient de la roseraie-conservatoire du Val-de-Marne qui cultive cette rose sous ces deux noms. 

Les rosiers Cuisse de nymphe qui sont actuellement sur le marché sont la variété Great Maiden's Blush alias Grande Cuisse de nymphe, aux aiguillons droits à large base et aux réceptacles en forme de dé à coudre.  

Devant toutes ces confusions, j'ai eu un mal fou pour me procurer ce rosier. Je l'ai finalement trouvé à la pépinière Roses Loubert. 
dans mon jardin, floraison en mai

Je comprends le grand amalgame concernant ce rosier. Ses fleurs ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles de Cuisse de nymphe (Great Maiden's blush). Leur couleur, au départ et par temps frais, est franchement rose. Elles pâlissent très rapidement et finissent blanches. L'observation de l'arbuste (aiguillons et feuillage) permet de les différencier. De plus, les boutons de Rosa incarnata sont rose clair, alors que ceux de Cuisse de nymphe sont crème.


Comme pour toutes les roses anciennes, il faut se référer aux descriptions d'époque pour être sûr d'être en présence de la bonne variété. Ses caractéristiques sont les suivantes :
Rosa incarnata est dans la plupart des cas semblable à rosa alba minor [la petite rose blanche à centfeuilles, notre actuelle rosa alba maxima], à la fois pour la croissance de l'arbuste (hauteur d'un rosier de Damas) et la taille de la fleur. La plante n'est pas très grande mais très épaisse. La fleur est d'un rose lumineux, coloris variable d'une fleur à l'autre. Certaines sont plus pâles que d'autres. Elles ont un petit parfum. (cf. Parkinson)  
Tiges unies, hautes de trois à quatre pieds et plus, sans épines ou presque sans épines ; feuilles velues en dessous ; pédoncules armés de quelques petites épines ; calice à moitié ailé ; ovaires ovales ; odeur de musc. (cf. Miller)
Les fleurs ne sont pas pleines mais très doubles et larges. Elles ont cinq ou six rangs de larges pétales tout à fait ouverts avec des ovaires allongés rétrécis près du calice. (cf. Dumont de Courset) 
Friedrich Justin Bertuch, 1802

Sources :
William TURNER, A new Herball, 1568
John PARKINSON, Paradisi in sole paradisus terrestis, Londres, 1629. Réédité en 1909, voir p.412
Philip MILLER, The gardeners and florists Dictionary, Londres, 1724
Philip MILLER, The gardeners Dictionary, vol. II, Londres, 1735
Laurent de CHAZELLES, Dictionnaire des jardiniers, vol. 6, p.302, Bruxelles, 1788
GUILLEMEAU, Histoire naturelle de la rose, p.85, Paris, 1800
ROESSIG, Die Rosen, nach der Natur gezeichnet und colorirt mit kurzen botanischen Bemerkungen, 1801, figure No. 25
BERTUCH, Bilderbuch für Kinder, vol. 4, 1802 
DUMONT-COURSET, Le Botaniste cultivateur, Tome 3, p.348, Paris, An X (1802)
Nouveau Dictionnaire d'Histoire Naturelle, Vol. XIX, 1803
* Nouveau cours complet d’agriculture théorique et pratique, T. 11, p.259, Paris, 1809
DUMONT DE COURSET, Le Botaniste cultivateur, 2ème édition, Tome 5, p.478, Paris, 1811
T. GUERRAPAIN, Almanach des roses, 1811, p.15
REDOUTE, Les Roses, 1817, p.98
DE PRONVILLE, Nomenclature raisonnée du genre rosier, Paris, 1818
THORY, Prodrome de la monographie des espèces et variétés connues du genre rosier, 1820, p.96
Jules GRAVEREAUX, Les roses cultivées à L'Haÿ en 1902, page 29, rosier n° 126.

(photos : Karin Schade)
Pour illustrer cet article, j'ajoute les clichés de Karin Schade, qui a retrouvé le "vrai" Cuisse de nymphe émue, au rosarium allemand de Sangerhausen.  
Une notice botanique, très intéressante, est consultable aussi sur l'incontournable site RoseBiblio ⇨ Rosa_x_alba_L._var._incarnata_(Mill.)_Weston



Il arrive de temps en temps que des fleurs entièrement roses ou mi-rose pâle, mi-blanches apparaissent. Elles ont un petit œil vert au centre. Le feuillage gris-vert est composé de 5 à 7 folioles ovales, allongées et pointues aux dents profondes et pointues. La forme concave des feuilles aux bords relevés est typique de ce rosier. Les tiges sont pourvues de vigoureux aiguillons crochus rouge-brun. Les fleurs sont suivies de cynorrhodons ovales, allongés, rouges et brillants, presque sans soies.

R. incarnata Mill. / R. alba var. incarnata (Mill.) Pers. / R. carnea Dum.-Courset / R. provincialis var. incarnata (Mill.) Martyn 
Le nom de R. incarnata a suscité beaucoup de confusion. Tel qu'utilisé par certains botanistes pré-linnéens, cela, ou le pluriel Rosae incarnatae, signifiait ce que l'on appelle maintenant R. damascena, tandis que certains botanistes français du siècle dernier considéraient que la R. incarnata de Miller était une forme de R. gallica avec une faible densité, des branches armées et des folioles composées de glandes. Une comparaison entre des spécimens d’herbiers authentiques montre toutefois que R. incarnata de Miller est identique à la «Cuisse de Nymphe» des jardins français. Le nom anglais de celui-ci - «Maiden’s Blush» - est parfois attribué à William Hanbury, dans un charmant passage à ce sujet dans son Compleat Body of Gardening (1770-1771). En fait, Miller l’a lui-même utilisé dans l’édition de 1752 de son dictionnaire. Le Maiden’s Blush se distingue de R. alba par la couleur de ses fleurs, ses tiges presque non armées, ses folioles plus nombreuses (la plupart du temps sept) et par la présence de nombreux piquants glandulaires en forme d’aiguilles sur les rameaux en fleurs sous les bractées. C'est presque certainement le même que le R. incarnata de Parkinson et une très vieille rose. Miller ne connaissait apparemment pas le "Great Maiden’s Blush" (R. alba var. Regalis Thory), qui est maintenant plus courant dans les jardins. Cependant, il figure dans la Flora Anglicana (1775) de Weston sous le nom de Great Maiden’s Blush Rose, avec R. incarnata major comme nom latin.
inTrees And Shrubs Hardy In The British Isles, 8th Edition Revised, Vol. IV, W.J. Bean, 1981