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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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lundi 19 mars 2018

Russelliana

Pour préserver l'intimité de ma famille, mon jardin est entièrement clos. Des murs et clôtures d'une hauteur de 2 mètres ceinturent la parcelle et rompent le vis-à-vis. Ce cocon fortifié me permet au passage d'intégrer à loisir des rosiers sarmenteux, en périphérie.
Je n'ai plus de place disponible pour créer des massifs supplémentaires au milieu de la pelouse mais je peux donc ajouter des plantes s'accrochant aux clôtures. Les photos de ce rosier Russelliana ont accéléré mes désirs de plantations !
Je viens de le recevoir, comme toujours à racines nues. Plantation prévue entre deux averses. Heureusement, désormais, les après-midis sont doux et printaniers.

 

Classé dans les rosiers grimpants, Russelliana atteint facilement les 3 mètres de stature, d'après les descriptions. Il a une croissance vigoureuse en sol riche et des branches rigides. Ses tiges se couvrent de petits aiguillons. 
Son feuillage est rugueux et présente des folioles très nervurées. Les fleurs viennent en grands bouquets aérés vers le milieu de l'été et ne se renouvellent pas. Les roses très doubles éclosent en coupes plates cramoisi pourpre. Elles pâlissent jusqu'au mauve au moment du flétrissement.
J'ai succombé devant toute cette déclinaison de couleurs et ce charmant cœur de pétales froissés, au velouté framboise. Qui sont donc les géniteurs de cette merveille ? Les spécialistes avancent une hybridation entre Rosa setigera ou Rosa rugosa et un rosier gallique.
Nė vers 1827, Russelliana (ou scarlet Grevillea) est un rosier ancien qui semble obtenu par George Sinclair, un botaniste anglais, responsable des jardins de l'abbaye de Woburn.
L'américain William Robert Prince, écrivit en 1846 que Russelliana correspondait au rosier commercialisé en France sous le nom Pallagi panaché. Pallagi ? Un nom étranger. Un patronyme italien ?
Et effectivement, on retrouve dans les catalogues français d'époque (ceux de Vibert, Prévost...) un rosier de couleur rouge pourpre, nommé Pallagi. Ce rosier était aussi cultivé au jardin expérimental du botaniste Etienne Soulange-Bodin, qui avait fondé en 1829 l'institut horticole de Fromont, à Ris-Orangis (91). Dans ses catalogues de vente, Pallagi côtoie dans la catégorie des 'rosiers hybrides' d'autres rosiers à consonance italienne et aussi le célèbre rosier jaune pâle Agnès, lui-même hybride de rugosa.
Je préfère le nom anglais Russelliana... Pas vous ?

Bibliographie :
The Gardener's Magazine, Londres, 1827, p.217
Prévost, Supplément au catalogue des roses, 1830, p. 60
Vibert, Observation sur la nomenclature et le classement des roses, 1831, p. 46
Annales de l'Institut horticole de Fromont, 1833, p. 128
Prince's Manual of roses, 1846, p. 91

Crédits photographiques :
https://www.chateaudurivau.com/fr/
http://www.rozarium.org/roze/r-a-russelliana/
http://www.histoires-de-roses.com/russeliana.html
https://www.davidaustinroses.com/fr/russelliana