Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

Ce blog d'amateur est parfaitement libre et indépendant, je ne perçois aucun avantage, aucune rétribution de qui que ce soit. Sa seule vocation est le partage d'informations. Si vous empruntez une photo ou un texte de mes articles, veuillez citer vos sources comme je le fais moi-même. Les photos ne sont pas libres de droit. Pas d'utilisation commerciale.

N'hésitez pas à laisser en message vos remarques, vos avis... J'y répondrai avec plaisir.

samedi 21 avril 2018

Golden Celebration

Hybride de thé, obtenu par David Austin. Date d'introduction, 1992.

Bien des rosiers mentionnent l'or dans leur nom, mais peu le font avec autant de justesse que Golden Celebration, tant son coloris intense et riche fait songer à de l'or en fusion. Déjà présent dans le bouton, cet or prend toute sa force dans la fleur épanouie, très grande.



Dès son lancement, David Austin avait pressenti que cette variété était en passe de devenir l'une de ses meilleures créations, l'une des plus populaires. Ce coloris jaune cuivré, peu commun, était pourtant singulier et si différent des autres obtentions de l'hybrideur anglais.
Une observation méticuleuse nous apprend que cette teinte est due à la présence de minuscules points roses sur fond jaune soutenu, détail qui échappe souvent, dixit Mr Austin. 



Le buisson, vigoureux et presque inerme, a un port arrondi et relâché et atteint une hauteur d'1m20, avec une taille soignée. Son feuillage résiste fort bien aux maladies. Golden Celebration combine beauté, élégance et solidité.




Les larges pétales du pourtour des corolles se chevauchent, enserrant la multitude de pétales du centre pliés les uns contre les autres, plus petits et plus foncés. Dans le Midi, les fleurs sont assez claires. La couleur cuivrée presqu'orangée reste surtout visible au cœur des roses. Elle n'est pas criarde.
Un fort parfum s'en dégage. Certains y décèlent des senteurs de thé, de vin et de fraise. La floraison se renouvelle régulièrement. Le poids des fleurs fait ployer les rameaux avec beaucoup de grâce. 


Golden Celebration a une telle présence qu'il peut être planté en isolé, mais son caractère de buisson et non de rosier arbustif touffu le destine plus volontiers à un massif mixte avec des plantes à floraison blanche et des feuillages foncés pourpres.

En résumé, son succès est vraiment justifié. 

jeudi 12 avril 2018

Nouveau livre : Les Roses par B. Elliot

Un nouvel ouvrage a rejoint ma bibliothèque, en ce printemps. Il s'agit de la version française du livre de Brent ELLIOT, tout simplement intitulée 'Roses' et récemment parue chez Heredium, Prisma-éditions (octobre 2017). 
 
Oeuvre raffinée bien british, le livre est rangé dans un coffret contenant également 40 planches de roses, retenues par un ruban de satin. Ces reproductions sur papier épais peuvent être encadrées.
L'auteur, historien britannique, a déjà signé de nombreux ouvrages sur l'horticulture. Il collabore à la Royal Horticultural Society (RHS) depuis près de 40 ans. Cette ancestrale association anglaise, dont la vocation est de promouvoir le jardinage et l'horticulture au Royaume-Uni, a été fondée en 1804. Elle organise des expositions florales dont le fameux Chelsea Flower Show, qui a lieu tous les ans en mai, à Londres. 
La RHS possède 4 jardins principaux en Grande-Bretagne, ouverts à la visite : Wisley, Rosemoor, Hyde Hall et Harlow Carr. Elle détient également à Londres une riche bibliothèque, constituée grâce au legs du botaniste John Lindley (1799-1865). 
Brent Elliot a écumé les trésors de cette bibliothèque pour rédiger ce livre et retracer une histoire générale des roses. L'ouvrage est abondamment illustré et contient principalement des références bibliographiques anglaises, ce qui est exotique pour un lecteur du continent. 

Chaque chapitre traite d'une famille de roses. Le sommaire est le suivant : 
  • Roses du monde antique, histoire et légende
  • Roses indigènes d'Europe
  • Les mythes de la rose, les croisades, le rosier de Damas
  • Rosiers rouges d'Europe, Rosa gallica 
  • Rosiers blancs d'Europe, Rosa alba
  • Rosiers dans les herbiers de la Renaissance 
  • Rosiers de jardin du XVIIe siècle 
  • Rosa centifolia 
  • Rosiers musqués
  • Rosiers jaunes et verts
  • Rosiers mousseux 
  • Rosiers de jardin du XVIIIe siècle 
  • Rosiers rouillés
  • Rosiers d'Amérique 
  • Rosiers d'Ecosse 
  • Rosiers de Portland 
  • Rosiers de Chine
  • Les 4 cultivars chinois
  • Rosiers Noisette 
  • Rosiers Bourbon
  • Rosiers Thé 
  • Hybrides Perpétuels 
  • Rosiers-tiges, une mode très victorienne 
  • Rosiers grimpants et rosiers lianes 
  • Roseraies du début du XIXe siècle 
  • Robert Fortune et son rosier de Chine 
  • Hybrides de thé 
  • Maréchal Niel
  • Les roses dans le langage des fleurs 
  • Roseraies de l'époque moderne 
  • Roseraie de l'Haÿ
  • Polyanthas, la vogue de rosiers compacts 
  • Pernetianas, une gloire éphémère 
  • Rosa wichurana et ses hybrides
  • Multifloras et Rugosas, les roses en bouquets
  • Rosiers au XXe siècle 





Le journaliste Greg Loades a interrogé Brent Elliot (en photo) en avril 2016, au sujet de son livre. Voici le contenu traduit de cette interview.
Comment décririez-vous votre livre? 
Sceptique et drôle, j'espère. Il y a une immense richesse d'écriture sur les roses, plus dans les magazines que dans les livres, de la Chronique des Jardiniers à l'Anniversaire de la Rose au Journal des Roses. J'ai essayé d'indiquer les délices de cette littérature par une citation généreuse. Comment avez-vous restreint un si grand groupe de plantes à seulement 40 ? Très peu d'entre elles concernent une seule variété de rose: la plupart traitent de 'catégories' de roses, comme les Bourbon, les Noisettes, les Hybrides Perpétuels, les Hybrides de thé. Il y a donc plus d'une variété nommée dans la plupart des sections de mon livre.
Laquelle des roses a l'histoire la plus amusante ? J'aime l'histoire de William Paul. Le pépiniériste de Waltham Cross, voyant le premier Hybride remontant (le rosier 'La Reine') dans la pépinière de Laffay près de Paris vers 1842, a marché sur l'un des nouveaux plants de Laffay, pour tenter de mieux le voir. Quelle a été la découverte de rose la plus influente sur le jardin anglais aujourd'hui ? Cela doit sans doute être l'introduction des roses chinoises au début du 19ème siècle. Par conséquent, peu importe la catégorie de rose que vous considérez, vous pouvez tenir pour acquis qu'il existe une gamme de couleurs beaucoup plus étendue que dans les siècles précédents, ainsi que la répétition de la floraison dans de nombreuses variétés.
Quand les roses étaient-elles les plus populaires auprès des jardiniers?
La période du milieu du 19ème siècle à la seconde guerre mondiale a été la période où l'enthousiasme pour les nouvelles variétés et la création de nouvelles catégories de roses étaient à leur apogée. La concurrence et les controverses entre les producteurs ont dépassé tout ce que nous voyons aujourd'hui.
Selon vous, quel est le plus grand mythe entourant les roses ?
Cela doit certainement être leur antiquité. Il y a toutes sortes d'histoires à propos des roses du monde antique : des croisés qui introduisent des espèces particulières en Europe, des variétés associées à des incidents particuliers au Moyen Âge, comme la guerre des Deux-Roses. Quand vous regardez de près les archives, les histoires s'évaporent dans l'air. Ne jamais faire confiance à une histoire sur des variétés particulières de roses avant le 19ème siècle, parce que beaucoup de contes sur les roses dans les siècles précédents ont été inventés au 19ème siècle.
Quelle a été la découverte la plus intéressante que vous avez faite en faisant des recherches pour ce livre ?
Je pense que cela doit être les délices de la gamme de la littérature sur les roses. Je ne m'attendais certainement pas à écrire un livre sur le sujet. D'une part, j'ai un mauvais sens de l'odorat : vous pourriez me promener les yeux bandés à travers une roseraie et je ne remarquerais peut-être rien. D'autre part, les plus grands spécialistes des roses, notamment Graham Thomas et Charles Quest-Ritson, ont été des utilisateurs réguliers de la bibliothèque RHS Lindley, au fil des ans. Avec leur expertise, j'ai trouvé peu de détails sur la littérature de la rose. Mais il a été très agréable de revenir en arrière et d'entendre les voix des grands rosiéristes telles que communiquées par la page imprimée : leurs triomphes, leur combativité, leur bouffonnerie occasionnelle - tout ce que j'espère que le lecteur savourera à son tour.
Source : http://www.theenglishgarden.co.uk/expert-advice/qa/author-qa-with-brent-elliott-the-rose/

mardi 3 avril 2018

Commande de rosiers chez Jacques Briant : le verdict

Afin de faire une surprise à une voisine qui ne connaît pas les roses anglaises, j'ai profité des déstockages actuels des rosiéristes pour commander deux obtentions iconiques de David Austin.
J'ai choisi Heritage (photo ci-contre) et Winchester Cathedral, en vente chez Jacques Briant. 

Pour ceux qui ne connaissent pas cette enseigne, il s'agit d'une grande pépinière généraliste, située près d'Angers. C'est en 1955 que débuta la longue carrière de M. Briant (décédé en 2015, à 84 ans), fils et petit-fils d'horticulteur. Il fonda alors une pépinière de 13 hectares, spécialisée dans la culture du rosier. L'entreprise s'est au fil des ans spécialisée dans la vente par correspondance de plantes vivaces, annuelles, arbustes et de nouveautés, testées dans ce vivier de production végétale qu'est l'Anjou. Elle imprime à chaque saison un catalogue (style Meilland) qu'elle envoie sans modération. Elle possède aussi une jardinerie sur place, pour de la vente directe.

Ce n'est pas la première fois que j'achète sur leur site internet. Plusieurs de mes rosiers anciens, plantés à mes débuts proviennent de chez eux. Mes vieux amis Mme Isaac Pereire, William Shakespeare 2000, Louise Odier ont été commandés à cette pépinière. 


Les jardiniers qui aiment les bons plans (il y a souvent un cadeau dans le colis, une paire de gants, un sécateur, un thermomètre) et les avantages appréciables (livraison gratuite à domicile, par Colis Privé) sauteront sur les codes promotionnels qui fleurissent régulièrement.
Bref, de quoi s'approvisionner à un coût raisonnable en plantes de toutes les catégories. Seule remarque, la nature du porte-greffe des rosiers n'est pas indiquée. J'ai posé la question par mail, la réponse est Rosa laxa.
Le colis a été livré au bout de 13 jours. Les rosiers sont emballés individuellement dans des sachets en plastique.
 
Le plant d'Heritage, hybride de rosiers modernes, est vigoureux avec une belle longueur de racines et de branches (hauteur : 30 cm). Un bout de tige était cassé car les rameaux sont resserrés par un lien pour le transport, j'ai dû le retailler.

Le plant de Winchester Cathedral est tout rachitique, hauteur des tiges : 12 cm. On dirait un polyantha ! Les rosiers anglais, quand ce sont des hybrides de rosiers anciens, ont souvent cet aspect au démarrage. Je conseille de les planter par 2 ou 3 ensemble car ils manquent cruellement de volume.
J'espère que ma voisine sera contente.

Crédit photographique : Jacques Briant

AVIS APRES FLORAISON

L'entreprise Jacques Briant n'a pas brillé cette fois-ci par son sérieux.
Winchester Cathedral s'est révélé être le bon rosier.
En revanche, erreur de livraison pour Heritage. Le rosier reçu est une autre variété.

Après réclamation auprès du service clientèle, on m'a demandé d'envoyer une fleur par la poste !!! C'est toujours la croix et la bannière pour prouver sa bonne foi.
Quand un rosiériste manque de sérieux, le couperet tombe : je change de fournisseur.

Morale de l'histoire, mieux vaut commander à un 'vrai' rosiériste, spécialisé et pas à une pépinière dont ce n'est pas le métier premier.

mardi 27 mars 2018

Comment tailler un rosier buisson ou arbuste remontant ?

Tout d'abord, je tiens à préciser qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre la taille d'un rosier buisson et celle d'un rosier arbuste. Par définition, le premier atteint simplement une hauteur adulte plus grande que le second.
Un rosier buisson, qu'il porte de petites fleurs (polyantha, floribunda) ou de grandes fleurs (hybride de thé, hybride remontant, hybride anglais, Portland) atteint une hauteur comprise entre 40 et 120 cm.
Un rosier arbuste, qu'il porte de petites fleurs (hybrides musqués) ou de grandes fleurs (Bourbon, hybride remontant, hybride de rugosa, hybride anglais) atteint une hauteur comprise entre 120 et 180 cm.
En toute logique, la coupe sera donc proportionnelle à la hauteur du rosier. Les grands principes restent les mêmes. Simplifions-nous la vie !
   rosier arbuste                                          rosier buisson

Les conseils qui vont suivre ne concernent que les rosiers remontants, c'est-à-dire les rosiers qui fleurissent à plusieurs reprises en une année. Cette taille d'entretien se pratique entre janvier et mars, selon les régions, lorsque les gels intenses ne sont plus à craindre.
S'équiper d'un ébrancheur pour les tiges robustes de gros diamètre et d'un sécateur propre, aux lames aiguisées et désinfectées à l'alcool, ceci évitant la propagation des maladies.
Etape 1 : rajeunir 
Le premier geste à faire est de couper les branches cassées, mortes ou malades. On les reconnaît car elles n'ont pas la même couleur que les autres. Les tiges mortes sont brun foncé. Les tiges malades sont vertes avec des taches blanches ou marron.
Pour les rosiers âgés qui ont de nombreuses branches, il est bon aussi de supprimer, à leur base, les vieilles tiges qui s’essoufflent. Cela encouragera le rosier à émettre de nouvelles branches, plus florifères. 
➥ Vérifier, en cas de sujets greffés, qu'aucun gourmand ne fait son apparition. Si nécessaire, couper au ras du porte-greffe pour éliminer ces tiges indésirables se développant au détriment du rosier.    

Etape 2 : éclaircir
Afin d'éviter les maladies cryptogamiques (marsonia, oïdium..), les rosiers doivent être aérés. L'air doit pouvoir bien circuler entre les branches. Les rosiers respirent comme nous et ils ne doivent pas étouffer sous une multitude de branchettes. Il convient de conserver au minimum 3 branches fortes, l'idéal est bien sûr d'en avoir plusieurs.
➥ On coupe alors les tiges faibles et les brindilles qui fleuriront mal.
➥ On coupe les tiges qui s'entrecroisent et se gênent. 
➥ On coupe les tiges qui sont trop proches les unes des autres.
A ce stade, les branches charpentières sont bien apparentes avec un espacement homogène. Elles sont dégagées. Vient l'opération d’émondage.  
Etape 3 : raccourcir
Pourquoi taille-t-on les rosiers ? L'objectif, avant tout, est de régénérer la plante pour assurer sa longévité. Un rosier ne gardera pas les mêmes branches toute sa vie. Un rosier qu'on coupe, va réagir en formant du bois neuf, sain et plus vigoureux. La taille stimule la croissance des nouvelles pousses.
Il y a les jardiniers, adeptes de l’émondage sévère et ceux qui se contentent d’épointer. Le résultat dépend de l'effet de masse recherché mais impacte la quantité de fleurs. Une taille courte induit des roses plus grosses et mieux formées. Une taille légère entraîne des fleurs plus nombreuses mais plus petites.


a) taille courte





b) taille modérée





c) taille longue


Cas a) Le rosier est rabattu sévèrement, à 15 cm du sol. Cette pratique a longtemps été la règle pour les hybrides de thé, afin d'obtenir de grandes roses bien formées. Elle est en usage chez les professionnels pour établir la charpente d'un rosier greffé.
A mon avis, cette taille est à éviter par la suite au jardin, même si la place manque dans le massif. Le rosier est mutilé. On court le risque que les bouts de branches restants sèchent et meurent. Si tout va bien, la plante va s'étoffer mais elle restera naine et ce n'est pas très esthétique. Un rosier trop taillé est plus sensible au gel tardif et peut mourir.
Cas b) Le rosier est raccourci de moitié. La taille est de bonne hauteur mais le rosier a une silhouette difforme. Le but est aussi d'avoir une plante présentant un port harmonieux. Un léger arrondi est agréable à l’œil. Personnellement, je coupe les rameaux du pourtour plus court que ceux du centre. 
On veillera à répartir les départs tout autour de la souche pour éviter un déséquilibre et surtout à ne pas raccourcir tout à l'horizontal, comme si on passait un taille-haie ! 
N'hésitez pas à laisser des branches, même moins vigoureuses ou âgées, si cela peut améliorer l'aspect général du rosier.
Cas c) Le rosier est raccourci d'un tiers. Cette taille est à la fois la plus jolie et la plus bénéfique. Ce cas concerne un rosier déjà ramifié. Il faut donc conserver les différents départs de branches et simplement les raccourcir. Les roses seront de belle taille et plus nombreuses. Le rosier prendra la forme d'une plante touffue avec plusieurs embranchements.
Le principe veut que l'on taille de moins en moins court avec les années, pour justement conserver les ramifications successives qui sont apparues avec le temps. 
Les tailles se font 1 cm au dessus d'un œil ou bourgeon, dirigé vers l'extérieur. Elles sont biseautées afin d'empêcher l'eau de stagner sur la coupe. Elles sont inclinées en sens inverse du bourgeon pour le protéger du pourrissement.
bonne coupe / coupe trop proche du bourgeon / coupe trop éloignée et mal orientée

Astuce : Lorsqu'un rosier est trop évasé et que son centre se dégarnit, il est judicieux de couper à 'œil entrant'. Dans ce cas, on coupe au niveau d'un bourgeon orienté vers l'intérieur du rosier. En poussant, le rosier adoptera une allure plus ramassée.

Variante : l'arcure
Cette technique concerne les arbustes ou buissons qui filent vers le haut, qui sont trop élancés et dont les roses fleurissent au sommet des branches. Elle est valable pour les rosiers aux branches suffisamment souples pour être pliées.
Dans cette optique, on tire un trait sur l'étape 3 pour conserver des branches longues. Le principe consiste à courber à terre les tiges, de façon à stimuler la formation de bourgeons à fleurs tout le long des rameaux. Les branches sont maintenues au sol avec des crochets.
C'est le même principe que pour les rosiers grimpants qui sont palissés. Le fait de couder artificiellement ralentit la montée de sève. Une circulation contrariée de la sève privilégie la floraison au détriment de la « mise à bois ». Le rosier occupera une plus grande place au sol mais paraîtra plus replet et produira plus de roses. 



En somme, il faut tailler bien et beau.


lundi 19 mars 2018

Russelliana

Pour préserver l'intimité de ma famille, mon jardin est entièrement clos. Des murs et clôtures d'une hauteur de 2 mètres ceinturent la parcelle et rompent le vis-à-vis. Ce cocon fortifié me permet au passage d'intégrer à loisir des rosiers sarmenteux, en périphérie.
Je n'ai plus de place disponible pour créer des massifs supplémentaires au milieu de la pelouse mais je peux donc ajouter des plantes s'accrochant aux clôtures. Les photos de ce rosier Russelliana ont accéléré mes désirs de plantations !
Je viens de le recevoir, comme toujours à racines nues. Plantation prévue entre deux averses. Heureusement, désormais, les après-midis sont doux et printaniers.

 

Classé dans les rosiers grimpants, Russelliana atteint facilement les 3 mètres de stature, d'après les descriptions. Il a une croissance vigoureuse en sol riche et des branches rigides. Ses tiges se couvrent de petits aiguillons. 
Son feuillage est rugueux et présente des folioles très nervurées. Les fleurs viennent en grands bouquets aérés vers le milieu de l'été et ne se renouvellent pas. Les roses très doubles éclosent en coupes plates cramoisi pourpre. Elles pâlissent jusqu'au mauve au moment du flétrissement.
J'ai succombé devant toute cette déclinaison de couleurs et ce charmant cœur de pétales froissés, au velouté framboise. Qui sont donc les géniteurs de cette merveille ? Les spécialistes avancent une hybridation entre Rosa setigera ou Rosa rugosa et un rosier gallique.
Nė vers 1827, Russelliana (ou scarlet Grevillea) est un rosier ancien qui semble obtenu par George Sinclair, un botaniste anglais, responsable des jardins de l'abbaye de Woburn.
L'américain William Robert Prince, écrivit en 1846 que Russelliana correspondait au rosier commercialisé en France sous le nom Pallagi panaché. Pallagi ? Un nom étranger. Un patronyme italien ?
Et effectivement, on retrouve dans les catalogues français d'époque (ceux de Vibert, Prévost...) un rosier de couleur rouge pourpre, nommé Pallagi. Ce rosier était aussi cultivé au jardin expérimental du botaniste Etienne Soulange-Bodin, qui avait fondé en 1829 l'institut horticole de Fromont, à Ris-Orangis (91). Dans ses catalogues de vente, Pallagi côtoie dans la catégorie des 'rosiers hybrides' d'autres rosiers à consonance italienne et aussi le célèbre rosier jaune pâle Agnès, lui-même hybride de rugosa.
Je préfère le nom anglais Russelliana... Pas vous ?

Bibliographie :
The Gardener's Magazine, Londres, 1827, p.217
Prévost, Supplément au catalogue des roses, 1830, p. 60
Vibert, Observation sur la nomenclature et le classement des roses, 1831, p. 46
Annales de l'Institut horticole de Fromont, 1833, p. 128
Prince's Manual of roses, 1846, p. 91

Crédits photographiques :
https://www.chateaudurivau.com/fr/
http://www.rozarium.org/roze/r-a-russelliana/
http://www.histoires-de-roses.com/russeliana.html
https://www.davidaustinroses.com/fr/russelliana

jeudi 8 mars 2018

Quel est le juste prix pour un rosier ancien ?

Chers lecteurs, vous me demandez parfois où j'achète mes rosiers. Et je réponds invariablement : un peu partout !
Quand j'ai débuté mon apprentissage de la rose, il y a une douzaine d'années, je me fournissais dans les jardineries et j'achetais ce que je trouvais, des hybrides de thé de 10 cm, engoncés dans des pots de plastique. Leur raideur et leur abonnement chronique au marsonia m'ont vite convaincue de rebrousser chemin et d'embrasser avec conviction la voie des roses anciennes.
Depuis longtemps, je n'achète pratiquement plus que des rosiers anciens, créés avant 1930, qu'ils soient remontants (des polyanthas, des Portland, des Bourbon) ou non remontants (des galliques, des centfeuilles, des alba...). Je les commande beaucoup en racines nues, par correspondance en France, en Hollande ou en Allemagne. Mais je suis capable de craquer pour des mottes en supermarché, des pots sur les fêtes des plantes ou des déstockages sur internet.
Oui mais à quel prix ?
Là, la question devient épineuse. Quel est le juste prix pour un rosier ancien ? Les boulimiques comme moi savent que l'achat en nombre est profitable aux Pays-Bas mais si on recherche une perle rare ou si on souhaite privilégier nos producteurs nationaux, vers qui se diriger ? Les écarts de prix sont réels entre les producteurs. 
Blanchefleur (photos Rose Biblio)

J'ai pris le temps de relever les tarifs de 2 rosiers anciens, vendus à racines nues, en France. Le premier exemple choisi concerne Blanchefleur, une rose blanc carné de la famille des centfeuilles, non remontante (une seule floraison), assez rare. Voici les prix pratiqués :
  • Histoires de roses         11,50 €
  • Francia Thauvin            12,20 €
  • Loubert                         12,65 €
  • Talos                             15,00 €
  • André Eve                     19,50 €

Ulrich Brünner fils (photos Rose Biblio)

J'ai choisi comme deuxième exemple Ulrich Brünner fils, un rosier Hybride Remontant au coloris rose chaud, parfumé, peu connu mais bien distribué.
  • Raffard                              9,90 €
  • Histoires de roses             11,50 €
  • Rosiers du Berry              12,00 €     
  • Francia Thauvin               12,20 €    
  • Loubert                             12,65 €
  • La Saulaie                         14,80 €
  • La Guérinais                     14,90 €
  • Talos                                 15,00 €                        
  • Pétales de roses                15,00 €                       
  • Ducher                              15,20 €              
  • Guillot                               15,90 €
  • André Eve                         16,90 €

L'objectif avec ce comparatif n'est pas de distribuer des bons points et des cartons rouges mais d'informer les consommateurs que nous sommes, sur ces écarts de tarifs. 7 ou 8 euros de différence de prix, pour un même rosier, c'est beaucoup. Prix élevé ne rime pas forcément avec sérieux et qualité. Quand on achète occasionnellement, pourquoi pas (c'est toujours moins cher qu'un bouquet qui ne durera pas) mais pour un collectionneur, c'est intenable.
Les producteurs orléanais semblent faire de réels efforts sur leurs marges. André Eve alias Truffaut vise sans doute plus les jardiniers mal documentés et les franciliens fortunés. A sa décharge, cette entreprise édite un somptueux catalogue gratuit d'une centaine de pages et ouvre aussi gracieusement à la visite son jardin d'exposition en construction. Nous sommes bien contents de profiter de ces démarches, rares sur le marché. Or ces vitrines commerciales représentent certainement un coût considérable qui se répercute inévitablement sur les prix de vente. La majeure partie des rosiéristes s'occupent de leurs champs de culture et n'ont pas le temps de créer et entretenir une roseraie de présentation. Certains n'ont pas de surface de vente qui accueille le public et les commandes se font uniquement par correspondance.  
champs de Rosa centifolia 'Rose de mai', à Grasse

 En résumé, restons vigilants ! Le prix moyen (juste ?) pour un rosier arbuste ou buisson ancien, en France, est d'environ 13,80 €. Personnellement, j'ai fixé un seuil maximal d'achat à 13 €. Au delà, j'ai l'impression de me faire plumer. N'oublions pas que les rosiers botaniques et anciens ne sont pas taxés de 'droits d'auteur' (les obtenteurs, parfois inconnus et disparus depuis des décennies, n'exigent pas de royalties). N'importe qui peut bouturer, multiplier, commercialiser les variétés anciennes, au contraire des variétés modernes qui sont protégées et qui demandent des années de sélection et d'observation, avant d'être lancées (protection juridique par C.O.V., Certificat d'Obtention Végétale).
J'espère que cet article pourra aider à acheter des rosiers anciens, en toutes connaissances de cause.
 Qu'en pensez-vous ? Quel est votre prix- limite ? Hâte de vous lire...

lundi 5 mars 2018

Commande de rosiers chez Willemse : le verdict 2018

Il est temps que je vous conte enfin mon ressenti, suite à cette commande de rosiers à prix discount.
Vous vous souvenez, je vous racontais ces achats imprévus dans cet article.
Mais reprenons le fil de l'histoire. J'ai reçu le colis assez rapidement. Les plants étaient emballés sous plastique, certains en motte, d'autres à racines nues.
Après mes mésaventures chez des rosiéristes français bien connus qui m'ont fourgué plusieurs fois des rosiers aux racines totalement mutilées, je suis très vigilante sur ce point. C'est un critère vraiment primordial : les racines doivent avoir une longueur suffisante, pour une bonne reprise. Sinon, le jardinier court le risque de planter un rosier qui va peiner terriblement à (re)construire son système racinaire. Au pire, la croissance des racines sera inexistante, le rosier va végéter puis mourir.
Les branches, quant à elles, doivent être uniformément vertes, exemptes de taches brunes, signes avant-coureurs d'un pourrissement futur.
Bonne pioche avec le rosier Boule de neige, ci dessus. Je l'ai commandé en deux exemplaires et le duo présente un réseau de racines développé, de bonne taille, avec quelques radicelles. 
Mention passable pour le rosier Comte de Chambord qui offre une qualité standard.
En partie aérienne, surgissent 3 branches. Le minimum légal. 
Les racines sont emmitouflées dans un manchon en toile de jute.

Agréable surprise avec le couple de britanniques. 
Heritage et Winchester Cathedral dardent un faisceau de fortes tiges.
Après déballage des mottes, les racines apparaissent saines et protégées du dessèchement. 
Les rosiers ont été placés en jauge car je n'ai pas encore prévu leur emplacement définitif. Des petites feuilles vertes ont déjà poussé sur les David Austin, elles bravent le froid polaire actuel, inhabituel. 

Après 1 année de culture, il est temps de prononcer un verdict.
Alors que tout se présentait sous les meilleurs hospices à la réception de ces rosiers, l'époque de la floraison (printemps-été 2017) a sonné le glas de la déception : 
  • le rosier 'Heritage' est mort.  
  • les rosiers 'Boule de neige' sont en fait 2 exemplaires du rosier 'Iceberg'.  
  • le rosier 'Winchester Cathedral' est en fait 'Mary rose'. 
  • le rosier 'Comte de Chambord' est en fait 'Louise Odier'.
Cela fait beaucoup d'erreurs pour une seule commande. Je n'ai pas eu un seul des rosiers que j'avais commandés ! Autant dire que plus jamais je n'achèterai à cette enseigne...
Seule consolation, les rosiers survivants sont en parfaite santé et robustes.