Description


Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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lundi 27 avril 2015

Great Maiden's Blush - Cuisse de nymphe

rosier alba, non remontant.

Il s'agit du très ancien rosier carné nommé Cuisse de nymphe par Dumont de Courset, en 1802. Les Anglais ont été les premiers à le mentionner. C'est sans doute une hybridation de Rosa alba maxima avec un rosier rose.
  • rosa incarnata major (Weston, 1775)
  • great Maiden's Blush (Aiton, 1789)
  • great Maiden's Blush (Lawrance, 1797)
  • rosier carné - rosa carnea - Cuisse de nymphe (Dumont de Courset, 1802)
  • rosa regia alba (Dumont de Courset, 1802)
  • rosa incarnata - rosa carnea - cuisse de nymphe (Persoon, 1807)
  • rosa carnea maxima = grosse cuisse de nymphe (Sedy, 1810)
  • duc de Yorck (sic !, Josse Verleeuwen, à Gand, 1813)
  • duc d'Yorck (Miellez, à Lille, 1814) 
  • rose royale (de Pronville, 1814)
  • rosa alba regalis -  rosier blanc royal (Redouté/Thory, 1817)
  • grande cuisse de nymphe (de Pronville,1818)
  • Royale (Vibert, 1820)
C'est un grand arbuste d'1,80 - 2,10 m. aux tiges droites armées de forts aiguillons à large base. Selon Dumont de Courset, ce buisson s'élève à 5 pieds et prend avec l'âge une forme assez irrégulière en raison de ses branches divergentes. Les feuilles à 5 ou 7 folioles, velues en dessous, sont d’un vert un peu glauque (= bleu). Les pétioles ont des aiguillons réfléchis.



L'image ci-dessus reflète à elle seule ses caractéristiques botaniques. Les ovaires, assez gros, ne se rétrécissant pas vers le pédoncule, ont la forme d’un dé à coudre et sont garnis de poils verts piquants, nombreux, ainsi que les pédoncules.
Les boutons sont carnés. Les fleurs, grandes et odorantes, sont légèrement lavées de rose dans le cœur, avant le parfait épanouissement. Très doubles et lâches, elles s'épanouissent à plat en un fouillis de pétales rose argenté. D'une tendre couleur de chair, elles passent ensuite au blanc.
 
Redouté a immortalisé ce magnifique rosier avec une illustration fidèle, sous le nom "rosier blanc royal". Thory, le commentateur du portrait dans leur ouvrage collectif "Les Roses", manifestement puritain (!), précisa que la rose est à peu près comme celle dite Cuisse de nymphe (plus exactement rosa incarnata, la rose historique) mais que ses fleurs larges de plus de trois pouces, l'ont vulgairement fait appeler la Grande Cuisse de nymphe

dans mon jardin


Sources : 
Richard WESTON, The english Flora, Londres, 1775
William AITON, Hortus Kewentis, vol. II, p. 208, Londres, 1789
Mary LAWRANCE, A collection of roses from nature, Londres, 1796-1799
DUMONT-COURSET, le Botaniste cultivateur, tome 3, p. 348, Paris, 1802
PERSOON, Synopsis plantarum, tome II, page 49, 1807
SEDY, catalogue alphabétique des plantes...cultivées à St-Just, à Lyon, Lyon, 1810
DUMONT-COURSET, le Botaniste cultivateur, tome 5, Paris, 1811
REDOUTE / THORY, les Roses, tome 1, page 97, Paris, 1817
Auguste DE PRONVILLE, Nomenclature raisonnée...du genre rosier, Paris, 1818
Jean-Pierre VIBERT, Observation sur la nomenclature et le classement des roses, Paris, 1820

Crédit photographique :
rosensdag.se

vendredi 10 avril 2015

Mystérieux rosiers blancs

Je vous présente aujourd'hui une étude inédite sur les rosiers alba, fruit de longues recherches dans les livres anciens. Pas trop soporifique, j'espère,  pour les fans de photos (patience, ce sera pour la suite), en tout cas, passionnante pour qui souhaite connaître l'origine et l'histoire des roses anciennes de nos jardins.

Les rosiers alba ou roses blanches font partie des rosiers les plus anciens. Ils étaient déjà cultivés dans l'Antiquité. Ils furent représentés nommément dès le XVIème siècle dans les herbiers de médecins botanistes.

Libri picturati A20 (vers 1564-1569)

Kreutterbuch Deß Hochgelehrten und weitberühmten Herrn D. Petri Andreae Matthioli (1586)

Hortus eystettensis (1613)


Ce sont de grands arbustes (jusqu'à 2 m), ordinairement aiguillonnés, reconnaissables à leur feuillage bleu-vert. Ils sont très sains et rustiques. Comme l'indique l'appellation latine, les fleurs sont blanc pur, blanc laiteux ou blanc carné. Quelques unes sont d'un rose plus ou moins clair.

La floraison apparaît en bouquets en juin-juillet et ne remonte pas. Les rosiers alba supportent bien une exposition mi-ombre et ne redoutent pas les sols alcalins.

Tout comme pour les roses galliques, leur étude est bien difficile étant donné le nombre de noms différents attribués à chaque variété. Plusieurs tentatives de classification ont vu le jour au début du XIXè siècle. Dumont de Courset, Auguste de Pronville, Thory ont livré chacun leur monographie. Mais les auteurs ont chacun leur version, voire même s'auto-contredisent... (Pronville, dans ses publications successives, s'emmêle bien les pinceaux !).

Il en résulte encore actuellement une certaine confusion. Même l'indispensable base de données Helpmefind compile les noms des variétés sans distinction (32 appellations différentes pour Cuisse de nymphe !)

Bref, après de vastes recherches dans la bibliographie d'époque (française, anglaise et allemande), j'ai essayé de lister et différencier les variétés les plus anciennes, avec pour principe de revenir le mieux possible à la source. Mon objectif de départ était de retrouver l'origine de la célèbre Cuisse de nymphe. Les rosiers alba hybridés par la suite (obtentions de Vibert notamment) sont mieux connus et furent décrits avec précision par Prévost et Desportes.  

De nos jours, seulement une vingtaine de rosiers alba sont identifiés alors que plusieurs dizaines de rosiers de cette espèce subsistent encore. Karin Schade, en Allemagne, a rassemblé de nombreuses variétés, découvertes dans de vieux jardins. Son site qui fourmille de photos est incontournable. 

Voici donc la synthèse de mes propres recherches. J'ai pris comme point de référence les nomenclatures anglaises. Pour chaque rosier apparaît une liste de synonymes avec la date de mention. Je publierai par la suite des notices détaillées avec des photos.


Rosier blanc 
  • rosa alba (Rembert Dodoens, 1557)
  • the single white rose (Mary Lawrance, 1797)
  • le rosier blanc sauvage (Redouté/Thory, 1817)
  • Gudhem (retrouvé en Suède vers 1980)

                                 F. L. Krebs                                                           Mary Lawrance


Rosier blanc à fleurs semi-doubles 
  • the white rose of York (XVIe siècle)
  • rosa alba flore simplici (Basilius Besler, 1613)
  • rosa candida semi plena (Jean Bauhin, 1651)
  • the semi double white rose (Miller, 1754)
  • rosa alba duplex (Weston, 1770)
  • single white rose (Aiton, 1789)
  • rosier blanc ordinaire (Redouté/Thory, 1817)
  • blanche semi-double (Vibert, 1820)
  • Rose vierge (Prévost, 1829)
  • Rosa alba semi plena

     
                                      Redouté                                                      Elizabeth Blackwell


Mary Lawrance


Rosier blanc à fleurs doubles
  • rosa cinereo flore = aschenfarbig rose = le rosier gris, à couleur de cendres (Camerarius, 1597)
  • the double white rose (Gerard, 1597)
  • rosa flore albo pleno (Basilius Besler, 1613)
  • rosa alba pleno flore (Crispijn van de Passe, 1615)
  • rosa alba vulgaris major (Caspar Bauhin, 1623)
  • rosa candida plena (Jean Bauhin, 1651)
  • the common white rose (John Rea, 1665)
  • the common great white rose (Miller, 1768)
  • the double white rose (Weston, 1770)
  • double white rose (Aiton, 1789)
  • la rose blanche double (Redouté/Thory, 1817)
  • blanche double (Vibert, 1820)
  • Rosa alba suaveolens

Hortus floridus (1614)

       
                                     P. Bessa                                                                     J. Zorn


Rosier blanc à cent feuilles
  • rosa alba centifolia (Angelus Palea, 1543)
  • rosa lacteola centifolia (Joachim Camerarius, 1588)
  • rosa lacteola camerarii (Basilius Besler, 1613)
  • rosa alba minor (Caspar Bauhin, 1623)
  • the lesser white rose (John Parkinson, 1629)
  • the white rose with smaller flowers and shrub of lower growth (Miller, 1754)
  • le petit rosier à fleur blanche (Duhamel du Monceau, 1755)
  • dwarf white rose (Weston, 1770) = la rose blanche naine
  • la rose blanche à cent feuilles (Brotier, 1779)
  • rosa alba plena (Sedy, 1810)
  • rosa alba multiplex (Audibert, 1817)
  • Rosa alba maxima (Prévost, 1829)

Camerarius (1597)

                                                                         
Rosier incarnat, presque inerme :
  • the incarnation rose (Turner, 1568)
  • Rosa incarnata -  the carnation rose (Parkinson, 1629)
  • rosa incarnata - the blush rose (Rea, 1665)
  • the blush rose (Miller, 1724)
  • the blush rose or Maiden-blush (Miller, 1754)
  • Maiden's blush rose (Weston, 1770)
  • rosa virginalis = rosier incarné (Sedy, 1810)
  • Nymphe émue (Guerrapain, 1811)
  • rosa virginalis (Dumont de Courset, 1811)
  • rosa virginalis (Van Cassel, 1813)
  • Cuisse de nymphe émue (Mordant de Launay, 1813)
  • rosa rubicans (Salomon Pinhas, 1815)
  • rosa virginalis Ait. = rosa incarnata Mill. = rosier virginal (Audibert, 1817)
  • Rosa alba incarnata  = Cuisse de nymphe émue (Redouté, 1817)
  • Rosa alba incarnata  = Cuisse de nymphe émue (Thory, 1820)
  • Belle-Thérèse (Vibert, 1820)
  • Cuisse de nymphe à ovaire lisse (Prévost, 1829)
Salomon Pinhas


Rosier à grandes fleurs doubles, couleur de chair :
  • rosa incarnata major (Weston, 1775)
  • great Maiden's Blush (Aiton, 1789)
  • great Maiden's Blush (Lawrance, 1797)
  • rosier carné - rosa carnea - Cuisse de nymphe (Dumont de Courset, 1802)
  • rosa regia alba (Dumont de Courset, 1802)
  • rosa incarnata - rosa carnea - cuisse de nymphe (Persoon, 1807)
  • rosa carnea maxima = grosse cuisse de nymphe (Sedy, 1810)
  • rosa anglica alba = rose d'Yorck (Schrämbl, 1812) 
  • duc de Yorck (sic !, Josse Verleeuwen, à Gand, 1813)
  • duc d'Yorck (Miellez, à Lille, 1814) 
  • rose royale (de Pronville, 1814)
  • rosa alba regalis -  rosier blanc royal (Redouté/Thory, 1817)
  • grande cuisse de nymphe (de Pronville,1818)
  • Royale (Vibert, 1820)

                                      Redouté                                                           Mary Lawrance


Rosier à fleurs couleur de chair en bouquet :
  • small Maiden's blush  (Aiton, 1789)
  • cluster Maidens' blush (Lawrance, 1797) = Cuisse de nymphe en bouquet
  • rosa regia carnea (Dumont de Courset, 1802)
  • rosa carnea minima = petite Cuisse de nymphe (Sedy, 1810)
  • petite Cuisse de nymphe (de Pronville, 1818)
  • petite Cuisse de nymphe (Vibert, 1820)
  • Belle-Fille (Desportes, 1828)
  • rosa alba rubigens (Prévost, 1829)            
Mary Lawrance


Sources :

Ces ouvrages sont numérisés et consultables sur books.google.fr, www.gallica.bnf.fr, etc...

Angelus PALEA, In antidotarium Joannis filii Mesue, 1543
Rembert DODOENS (traduction Charles de l'ESCLUSE), Histoire des plantes, p. 457, Anvers, 1557
Karel van SINT OMAARS, Libri picturati A20, ca 1564-1569
CAMERARIUS, Kreutterbuch Deß Hochgelehrten und weitberühmten Herrn D. Matthioli, p.55, 1586
Joachim CAMERARIUS, Hortus medicus, Nuremberg, 1588
TABERNAEMONTANUS, Neuw Kreuterbuch, 1588, réédité 1625
GERARD, The Herball, p. 1077, Londres, 1597
CAMERARIUS Kreutterbuch dess hochgelehrten und weitberümbten...Matthioli, p. 55-56, 1611
Basilius BESLER, Hortus eystettensis, 1613
Crispijn VAN DE PASSE, Hortus floridus, pl.12,1614
Caspard BAUHIN, Pinax theatri botanici, p.482, 1623
John PARKINSON, Paradisi in sole, p.412, 1629, réédité en 1904, Londres
Jean BAUHIN, Historia plantarum universalis, tome II, 1651
John REA, Flora, p. 28, Londres, 1665
Philip MILLER, The Gardeners and Florists Dictionary, Londres, 1724
Elizabeth BLACKWELL, A curious Herbal, Londres, 1737-1739
Philip MILLER, The Gardeners Dictionary, vol. III, Londres, 1754
Philip MILLER, The Gardeners Dictionary, 8e édition, Londres, 1768
DUHAMEL du MONCEAU, Traité des arbres et arbustes, tome 2, Paris, 1755
Richard WESTON, The universal Botanist and Nurseryman, vol. I, 1770
Richard WESTON, The english Flora, Londres, 1775
Gabriel BROTIER, Caii Plinii secundi Historiae Naturalis, tome IV, p. 463, Paris, 1779
Laurent de CHAZELLES, Dictionnaire des jardiniers, vol. 6, p.302, Bruxelles, 1788
William AITON, Hortus Kewentis, vol. II, p. 208, Londres, 1789
Mary LAWRANCE, A collection of roses from nature, Londres, 1796-1799
DUMONT-COURSET, le Botaniste cultivateur, tome 3, Paris, 1802
PERSOON, Synopsis plantarum, tome II, page 49, 1807.
Carl Gottlob RÖSSIG, Die Rosen nach der Natur gezeichnet und colorirt, Leipzig, 1802-1817
SEDY, catalogue alphabétiques des plantes...cultivées à St-Just, à Lyon, Lyon, 1810
DUMONT-COURSET, le Botaniste cultivateur, tome 5, Paris, 1811
Franz Anton SCHRÄMBL, Description des principaux parcs et jardins de l'Europe, p. 133, 1812
VAN CASSEL, catalogue d'une très riche collection de rosiers en vente...à Gand, Gand, 1813
JOSSE VERLEEUWEN, catalogue d'une belle et riche collection... à Gand, Gand, 1813
MORDANT de LAUNAY, le Bon jardinier, Paris, 1813
Annales de l'agriculture française, tome LX, article de A. DE PRONVILLE, p.150 et s., Paris, 1814
Salomon PINHAS, Rosen-Sammlung zu Wilhelmshöhe : nach der Natur, pl.13,1815
AUDIBERT, Catalogue des végétaux cultivés à Tonelle, Tarascon, 1817
REDOUTE / THORY, les Roses, tome 1, page 97 et page 117, Paris, 1817
Auguste DE PRONVILLE, Nomenclature raisonnée...du genre rosier, Paris, 1818
LOISELEUR DESLONGCHAMPS, Nouveau Duhamel ou Traité des arbres et arbustes, Paris, 1819
Jean-Pierre VIBERT, Observation sur la nomenclature et le classement des roses, Paris, 1820
KREBS, F.L., Vollständige Beschreibung und Abbildung der Sämmtlichen Holzarten, t. 88 (1826)
DESPORTES, Rosetum gallicum, Le Mans, 1828
PREVOST, Catalogue descriptif....du genre rosier, Rouen, 1829


vendredi 3 avril 2015

En Normandie : le jardin de Manou, près de Lisieux (14)

J'éprouve toujours un grand plaisir à découvrir un nouveau jardin dans la région.

Le jardin de Manou, c'est le jardin de Mireille Launay, une dynamique retraitée qui a repris en main la propriété familiale, une ancienne ferme avec un terrain tout en longueur de 7500 m². 

Et elle ne manque pas d'idées, Manou. Elle anime des visites commentées, des ateliers culinaires et des dégustations de produits maison. En effet, le jardin, outre ses parterres fleuris de roses et de dahlias, regorge d'arbres et d'arbustes fruitiers. La jardinière, fine pâtissière, met à profit les généreuses récoltes de son verger en confectionnant des pâtes de fruits et des confitures, qu'elles proposent à la vente.  

Le jardin fruitier est au fond du terrain. Avant de l'atteindre, on chemine à travers " l'allée des rosiers", la "butte du potier", le "cercle de la sorcière", la "gloriette"... Manou a capté les scènes de son jardin au fil des saisons, publiées au goutte-à-goutte sur sa page FB et sur son site. J'ai eu envie de vous la faire connaître en réunissant, avec son accord, quelques vues emblématiques, tant la vision d'ensemble est réussie. Merci Dame Manou pour ce partage.   

Voici donc un aperçu de son paradis, au gré des saisons :







 










Si vous passez en Basse-Normandie aux beaux jours, vous pouvez lui rendre visite. Voici son adresse :

Le Jardin de Manou
Mme Mireille LAUNAY
8 grande rue
14270 PERCY EN AUGE


jeudi 26 mars 2015

Boutures de rosiers

J'envisageais de passer une dernière petite commande de rosiers, histoire de profiter des rabais de fin de saison mais c'était sans compter sur la générosité d'une être chère qui vient de m'offrir 4 pots de boutures. 


Dans chaque contenant, prennent place 3 ou 4 rameaux présentant déjà des petites feuilles toutes fraîches. Quelques racines blanches, se faufilant par les trous, ont fait leur apparition sous les pots. C'est bon signe. 
Pour l'instant, je laisse encore un peu les boutures dans mon mini coin pépinière. C'est dans un endroit mi-ombragé et à l'abri du vent du Nord que je stocke mes bébés. A découvert (pas besoin de protection en hiver dans ma contrée), ils sont simplement posés sur le composteur en bois et bénéficient de l’eau de pluie. Les nouvelles recrues vont continuer à raciner et je les planterai à l'automne prochain. 
Mais qui sont donc ces jeunes protégées ?


The ingenious Mr Fairchild (David Austin, 1993)

Un rosier anglais que l'on ne rencontre pas souvent sur les blogs.
Des fleurs de pivoine mauves, aux pétales lâches, avec un puissant parfum. Une hybridation, ancienne mouture, pas aussi florifère que les dernières créations du maître mais à découvrir.
(photos : Il broletto di Monica, Robert Mealing)





Pierre Gagnaire (Georges Delbard, 2002)

Un rosier arbustif qui gagne vraiment à être connu. Faisant preuve d'une vigueur époustouflante, il devient grand, large et bien ramifié. Aux beaux jours, il est constellé d'une myriade d'étoiles blanc rosé. Gros coup de coeur pour ses pétales virevoltants.
(photo : schmid-gartenpflanzen.de)




Raymond Privat (Barthélémy Privat, 1935)

Et oui, je ne fais pas une fixation sur les grosses fleurs joufflues. Au contraire, j'aime terriblement associer grandes roses pleines et petites roses. Pour casser le rythme des volumes, rien de tel qu'un rosier polyantha, planté en bordure de massif. Un coloris mauve fantastique pour celui-ci.
(photo : Loubert)




Martine Guillot (Dominique Massad, 1991)

Quand on a pour ancêtres des rosiers aussi illustres que New Dawn, Iceberg et Chaucer, la beauté est au rendez-vous. Une hybridation phare de la maison Guillot. L'alliance de la vigueur et du parfum. Une rose intemporelle aux effluves de gardenia.
(photo : baumschule-horstmann.de)



Pour mémoire, les variétés modernes de rosiers étant protégées, le bouturage n'est donc toléré que pour un usage strictement privé. Les rosiers anciens sont quant à eux libres de droits et ne sont donc soumis à aucune restriction de reproduction et de commercialisation.


mercredi 18 mars 2015

Petite renoncule violette

rosier gallique, commercialisé dès 1820 par le rosiériste Jean-Pierre Vibert (mais non obtenu par lui-même). Cette variété disparaît de son catalogue de 1831.

photographié par Billy Teabag, à Mottisfont Abbey

Ce qui est passionnant avec les rosiers anciens, outre bien sûr leur culture, c'est de percer le mystère de leur création. L'histoire de Petite renoncule violette est à elle seule une belle énigme à résoudre.

Ce rosier a été décrit précisément en 1824 par le botaniste Thory, dans le recueil des roses de Redouté. Il la nomme rosa gallica agatha parva violacea :
" C'est une variété qui entre dans la série des rosiers agathes, dont la fleur est très double, à pétales serrés, roulés et chiffonnés au centre. La corolle de 8 à 10 rangs de pétales est d'un pourpre violet foncé, plus pâle vers l'onglet.
L'arbrisseau s'élève à peine à un pied et demi (soit 45 cm !). Ses branches diffuses sont couvertes, dans leur partie supérieure, d'un grand nombre de poils. La partie inférieure des tiges est garnie d'un petit nombre d'aiguillons épars, inégaux.
Les feuilles penchées se composent de 5 ou 7 folioles, plus pâles en dessous, finement dentées. Les pétioles sont munis de poils glanduleux, entremêlés de petits aiguillons droits.
Les fleurs, d'un petit diamètre, sont le plus souvent solitaires, rarement réunis par deux." 
Thory ajoute qu'il l'a observé chez un certain M. Le Dru, un amateur (l’obtenteur ?). Elle ressemble à la rose Petite Violette, obtenue de semis par Descemet. Mais celle-ci est un peu plus grande.

Bref, cette rose, qui n'est pas conservée à la roseraie de L'Haÿ-les-Roses, semblait perdue. Jusqu'à ce qu'une collectionneuse, Gwen Fagan, dise l'avoir retrouvée près de la tombe d'un colon anglais, dans le cimetière de Grahamstown, en Afrique du Sud. Elle la mentionne dans son ouvrage paru en 1988.

Mais cette rose est-elle vraiment la rose historique originelle ? Elle est cultivée depuis dans la roseraie-conservatoire anglaise de Mottisfont Abbey et commercialisée en France par Francia Thauvin.

Ortolan en donne une description précise sur le forum 'Planète des rosiers' : 
" petits pompons veloutés aux couleurs profondes avec un léger mais néanmoins agréable parfum. Il possède un feuillage vert foncé, des épines et son bois est un peu rouge en début de végétation. La fleur est petite, très double, et très foncée. Il pousse très vite mais a tendance à plier sous le poids des fleurs. "
Avec les deux descriptions, la gravure et les photos, nous avons matière à comparaison !

photographié par Billy Teabag, à Mottisfont Abbey

Et là, un doute s'insinue. La variété actuelle a sûrement du rosa chinensis dans les veines, ses jeunes pousses sont rougeâtres et les pétioles et stipules sont nettement rosacés. Redouté ne les a pas peints de cette couleur... Détails qu'il n'omettait pas pourtant de représenter dans les portraits de roses hybridées de Chine. 
Les fleurs semblent apparaître en bouquet de deux ou trois roses. Thory précisait qu'elles étaient surtout solitaires...
La taille du rosier, pour finir, est bien différente...

Il faudrait pousser l'examen botanique. Mais on ne peut donc pas affirmer qu'il s'agisse véritablement de la rose historique. Par ailleurs, la base de donnée HMF assimile cette rose à Félicie, décrite par Prévost en 1829, sous les noms Petite Renoncule et Sultane favorite. Cette synonymie ne semble pas justifiée, Vibert proposant les 2 roses séparément dans son catalogue de 1824 (Petite renoncule violette sous le n° 699 et Félicie sous le n° 565)

Il nous reste juste au final un très beau rosier de collectionneur. N'est-ce pas le plus important ?


photographié par Brigitte Charuaud dans sa roseraie de Cormeray (41)


Sources :

Jean-Pierre VIBERT, Observations sur la nomenclature et le classement des roses, page 45, 1820
Jean-Pierre VIBERT, Observations sur la nomenclature et le classement des roses, page 71, 1824
REDOUTE / THORY, Les roses, vol. III, page 35, 1824
PREVOST, Catalogue descriptif et raisonné du genre Rosier, page 116, 1829
Gwen FAGAN, Roses at the Cape of good Hope, 1988
BEALES / HARCKNESS, Rosa, rosae, l'encyclopédie des roses, 2005


Crédits photographiques :

http://www.helpmefind.com/rose/
http://www.roseraie-cormeray.fr/


mercredi 11 mars 2015

Nouvelle encyclopédie des roses anciennes

S'il vous reste encore quelques billets dans votre portefeuille, après toutes les tentations de livres émanant de la blogosphère jardin et bien je vous conseille de vous plonger avec délice dans l'oeuvre culte de François JOYAUX, qui ressort en librairie actuellement. Qui dit nouvelle édition (la 3ème, un succès qui fait plaisir à voir !), dit nouvelle couverture, avec cette fois-ci une belle mosaïque de roses botaniques ou horticoles.

Si vous souhaitez lire ou relire mon article de présentation de ce livre, un saut par là.
Pour en consulter un autre extrait (les premières pages qui concernent les botaniques), un détour par ici.



492 illustrations - 336 pages 
ISBN : 9782841387618
éditions ULMER
49,90 €


Livre I: Variétés d'origine européenne

Ière partie : Les roses des temps anciens (XVIe-XVIIIe s.)
  • Chapitre I: Les botaniques dans les jardins anciens
  • Chapitre II: Les très anciennes variétés horticoles

IIème partie: Des roses anciennes pour une mode nouvelle
  • Chapitre III: L'engouement pour les roses de France
  • Chapitre IV:  Quelques autres roses traditionnelles

IIIème partie: vers de nouveaux groupes de roses
  • Chapitre V: A la recherche d'autres roses: les tentatives françaises
  • Chapitre VI: Nouveautés britanniques
  • Chapitre VII: Les roses moussues


Livre II: Variétés d'origine asiatique

IVème partie: la grande nouveauté: les roses d'origine chinoise
  • Chapitre VIII: Les vraies roses de Chine
  • Chapitre IX: Les roses européennes dites "Chine"
  • Chapitre X: Les roses dites "thé"

Vème partie: Des roses nées au delà des mers
  • Chapitre XI: Les Noisettes venues d'outre-Atlantique
  • Chapitre XII: Les Bourbon venues des mers du Sud

VIème partie: Des roses de plus en plus hybridées
  • Chapitre XIII: Les Hybrides remontants
  • Chapitre XIV: Les premiers Hybrides de thé et Pernetianae

VIIème partie: des roses d'origine japonaise à la Belle Epoque
  • Chapitre XV: Rosa multiflora et sa descendance
  • Chapitre XVI: les roses de Wichura
  • Chapitre XVII: les rosiers dits "rugueux"


Annexes
  • La morphologie de la rose
  • Glossaire
  • Principaux obtenteurs du XIXème siècle
  • La plus grande collection française de roses anciennes: L'Haÿ-les-Roses
  • Autres grandes collections d'Europe occidentale


jeudi 5 mars 2015

2 nouveaux rosiers anciens dans mon panier

...dans mon panier de courses précisément puisque c'est en allant hier au supermarché du quartier (Leclerc pour ne pas le citer) que j'ai découvert ces deux grands classiques. 
Dans les pas de mon amie jardinière poétesse qui se reconnaîtra, j'ai acheté à mon tour deux rosiers joliment présentés dans leur étui en toile de jute. Ce fut une agréable surprise de trouver ces variétés dans la grande distribution. Les rosiers anciens, non remontants, n'ont pas la faveur du grand public en général. C'est réconfortant de constater qu'ils ne sont pas délaissés complètement !

Fébrile comme une enfant qui déballe un cadeau tant convoité, j'ai farfouillé dans le rayon à la recherche des plus beaux plants. Les mottes sont entassées pèle-mêle. Il faut compter et inspecter les tiges avec soin. Mais on peut faire de belles trouvailles ! et puis, à 7,90 € le rosier, on ne va pas chipoter... et puis, il y a un bel emballage, séduisant.

Le seul risque dans ce genre d'entreprise, c'est l'erreur d'étiquette. Cette mésaventure m'est arrivée plusieurs fois. Affaire à suivre.
   Etaient disponibles, si vous voulez faire un tour dans cette enseigne : des rosiers floribunda anglais de l'obtenteur Harkness, rebaptisés Merlin (= L'Aimant), Queen Guinevere (= Sir Galahad), Avalon (= Lilian Baylis) et Sir Lancelot ainsi que les rosiers anciens Ferdinand Pichard, Mme Plantier et Louise Odier
Il faut faire vite car les mottes ne sont pas arrosées et se dessèchent, entreposées ainsi en magasin.

J'ai choisi pour ma part Madame Plantier,  un rosier alba, non remontant (pas indiqué sur l'étiquette...). C'est un grand sujet, très sain, une valeur sûre. 
Et Louise Odier, un rosier Bourbon, ancien mais remontant. Je l'avais vu en fleurs l'année dernière à une fête des plantes mais ne l'avais pas acheté. Il était ravissant avec ses fleurs de camélia. 
Débarrassées de leur carcan de plastique noir, les deux mottes ont dévoilé de longues racines, qui étaient en réalité repliées dans l'emballage. Il doit s'agir de productions hollandaises, au regard du descriptif. Qu'importe, je suis contente de ces emplettes.  
   

Je les ai mises à tremper dans un grand seau d'eau pour qu'elles se réhydratent toute la nuit. Plantation aujourd'hui !